Des jobs pour tous les goûts

Par Sophie LUTRAND et David STRAUS , le 12 juillet 2001 à 19h47 , mis à jour le 11 juillet 2001 à 20h04

Un étudiant sur trois exerce une activité rémunérée au cours de l'année. Lorsqu'elle était en école d'ingénieur, Claire a travaillé à la chaîne au cours d'un stage. Stéphane, lui, a enchaîné les petits boulots à tel point que ses études en ont pâti. Etudiants et employeurs racontent...

serveuses Mac donald's mac do en Chine AFP © INTERNE

Claire, 26 ans,
ingénieur

"On a dû arrêter la chaîne à cause de moi"

"Dans le cadre de mon école d'ingénieur, je devais faire trois stages, dont un "ouvrier" à la fin de la première année. Je l'ai fait à la chaîne en Angleterre mais certains de mes collègues ont travaillé à la mine ou dans les BTP à se faire griller tout l'été au soleil. Je plaçais des pages de journaux dans une trieuse automatique toute la journée pour un salaire d'ouvrier à 5000 francs net par mois. Ce qui est souvent mieux que les stages d'ingénieur que nous faisons. Les cadences sont dures au début. Il faut pouvoir rester très concentrée, ne surtout pas avoir l'esprit qui s'échappe. Moi je ne m'y suis pas faite. Une fois, on a dû arrêter la chaîne pendant une demi-heure à cause de moi. Le but de cette expérience est de nous faire découvrir le bas de l'échelle, le travail d'ouvrier et donc des personnes que nous aurons peut-être à encadrer plus tard. C’est un premier contact avec le monde de l'entreprise et de l'industrie, une façon de nous mettre dans le bain des contraintes. C'est très enrichissant et surtout, les ouvriers avec qui je travaillais me voyaient comme une étudiante qui faisait un job d'été, pas comme leur future supérieure hiérarchique."

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Tristan d’Avezac,
responsable de la communication chez Adecco

"Ils sont disponibles quand les autres ne le sont plus"

"De 1990 à 2000, la proportion d’étudiants choisissant l’intérim est passée de 9% à 27%. Deux tiers d’entre eux sortent de l’école et se lancent ainsi sur le marché du travail. Les autres sont en cours de cursus et remplissent une mission de-ci delà pour payer leurs études ou arrondir leurs fins de mois. A la différence des stages souvent payés au lance-pierre, l’intérim garantit un contrat de travail aux conditions similaires à celles d’un salarié et notamment la protection sociale, les congés payés (10% des revenus) et une indemnité de fin de mission (10%). Les entreprises qui ont recours à l’intérim y trouvent également leur compte. S’il est vrai que les étudiants ont des horaires atypiques, cela peut devenir un atout. Ils sont disponibles après les cours ou les week-ends, à des moments où les salariés traditionnels rentrent à la maison. Essayez de trouver un bon maçon en été, ils sont tous au Portugal. C'est une opportunité pour les étudiants. "

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Stéphane, 29 ans,
formateur micro-informatique

"Je gagnais plutôt bien ma vie"

"J'ai commencé avant mon bac comme animateur de colos pendant les vacances scolaires. En fac d'histoire, je travaillais les samedi, dimanche et lundi chez Burger King à la plonge ou à la vente pour environ 3500 à 4000 francs par mois. Par la suite j'ai travaillé de 19 à 7 heures du matin trois ou quatre fois par semaine dans une société de gardiennage. Le vendredi et le lundi, j'enchaînais sur un magasin de sport qui ouvrait à 10 heures du matin. Ce n'était pas très légal mais on s'arrangeait. Dans le meilleur des cas, je me faisais 6000 à 7 000 francs par mois plus quelques "pourboires" conséquents. J'ai du mettre un peu la pédale douce en DEA parce que je gagnais plutôt bien ma vie mais je n'arrivais pas à avancer dans mes études, que j'ai mis un peu plus de temps à finir. La deuxième année, j'ai décidé de me serrer un peu la ceinture et de me concentrer sur mes cours. Quel que soit le boulot, j'ai appris des tas de trucs sur le monde du travail. Etant donné que j'ai toujours eu un pied dans l'entreprise, le passage à la vie professionnelle n'a pas été violent."

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Dominique Ballarin,
responsable des ressources humaines chez Mc Donald’s

" Faire comprendre qu’un salarié a des droits et des devoirs "

"Le chiffre d’affaire d’un restaurant se fait à 70% entre 12 et 14 heures et 18 et 21 heures. Mis à part l’équipe de gestion, nous n’avons besoin de personnel qu’à temps partiel, ce qui peut intéresser des mères de famille, des adeptes du cumul d’emplois et, surtout, des étudiants dont les horaires sont assez malléables. En revanche, nous savons qu’ils ne resteront pas longtemps dans l’entreprise, ce qui pose parfois des problèmes de gestion. De plus, nous offrons souvent aux jeunes, étudiants ou non, leur premier emploi. Nous devons souvent leur faire comprendre qu’un salarié a des droits et des devoirs d’horaires, d’hygiène, de présence. Nos responsables sont parfois confrontés à des problèmes d’adolescents, avec les parents notamment, plus qu’à des problèmes de travailleurs."

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Par Sophie LUTRAND et David STRAUS le 12 juillet 2001 à 19:47
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