Nouvelle Mini : le pari risqué du néo rétro

Par , le 06 juillet 2001 à 18h52 , mis à jour le 05 juillet 2001 à 19h15

La version moderne du mythe créé par Austin et Morris sera à nouveau commercialisée demain en Angleterre. Malgré le succès mitigé de la New Beetle, le groupe BMW qui a récupéré la marque Mini a décidé de jouer la carte du néoclassicisme. tf1.fr vous offre les photos de ces voitures néo rétro.

Mini Cooper Capot Homme Neo retro © INTERNE

Les phares ronds cerclés de métal, le petit capot distingué, la calandre en sourire et cette ligne ramassée, dodue, so British : pas de doute, c’est bien une Mini que le groupe BMW commence à commercialiser ce samedi en Angleterre et le 11 septembre prochain en France. Une Mini nettement moins mini puisque la descendante du petit bijou lancé par Austin et Morris en 1959 a gagné 57 centimètres en cinquante ans, ainsi qu’une meilleure suspension et un équipement du dernier cri.


Le compteur central, comme avant - Mini
A l’époque, ce best-seller conçu par sir Alec Issigonis avait d’abord séduit contre toute attente les milieux branchés londoniens. Cette fois, pas de mystère. La Cooper et la One sont faites sur mesure pour les bobos nostalgiques. "Le conducteur de la Mini aura l’esprit jeune, de 25 à 55 ans, de bons revenus (1), sera souvent célibataire et travaillera dans des professions créatives", prévoit octave Manset, directeur de la communication chez BMW France.

Avec la Z3 ou la Série 3, le groupe allemand a déjà pour tradition de travailler par niches de consommateurs. Cette fois, il espère toucher une clientèle totalement différente ; des gens que la marque BMW ne séduirait pas, même si son projet de Série 1, moins cher, devait voir le jour. Une étude réalisée en France par le constructeur montre une très grande réceptivité du public pour la Mini : 16.000 personnes auraient demandé des informations avec l’intention de l’acheter. Le secret : "La nostalgie, c’est bien, mais on ne peut pas vendre une voiture uniquement sur de l’émotionnel, explique Octave Manset, il faut offrir du rationnel. Ce que fait BMW."


New Beetle, succès éclair - VW

Alors qu’elle a connu un succès éclair au Etats-Unis, la New Beetle de Volkswagen, qui a ouvert la vague du néoclassicisme, ne parvient pas à conquérir le Vieux continent. Pas assez fonctionnelle ? peut-être. Question de prix ? Sûrement (2). "Vous aviez les fleurs, annonçait sans ambages la campagne américaine, maintenant vous avez le pouvoir". Sauf qu’en France, comme le fait remarquer Philippe Delvigne, directeur de l’Institut Supérieur du Design à Valencienne, "On achète d’abord un prix et pas un design" (3). Résultat : la dauphine de la Coccinelle a surtout séduit une clientèle jeune, plus féminine et souvent célibataire et fortunée. Les chiffres français restent assez modestes avec 6169 ventes en 1999 et 4600 espérées cette année.


Le Microbus, que reste-t-il
du Combi? - VW
VW a su tirer les leçons. Sans abandonner la veine néo rétro, la marque s’attaque aujourd’hui à l’autre légende de la famille : le combi, le minibus des baba-cool. Mais cette fois, le van a été conçu par et pour les Américains. Le lancement industriel du Microbus, qui n’est encore qu’un concept-car, dépend d’ailleurs de l’accueil qu’on lui réservera Outre-Atlantique. Sa commercialisation à dose homéopathique sur le marché français n’est pas attendue avant 2005. Et gare au portefeuille, le prix estimé devrait dépasser les 260.000 francs (40.000 €).

(1) La Mini One coûtera 99.705 francs (15.200 €) et la Mini Cooper 111.184 francs (16.950 €).
(2) La New Beetle 1,6 coûte 110.200 francs (16.800 €) et la version 1,8 Turbo 147.665 francs (22.510 €).

(3) Retrouvez l'interview de Philippe Delvigne pour qui la mode du néo rétro passera bien vite,
en cliquant ici .


Un vieux modèle tout neuf


Retour dans les années 40 - Chrysler

Le PT Cruiser n’est pas l’avatar d’un véhicule ayant existé chez Chrysler. Mais une calandre racée, des ailes en courbes et un hayon élégant sont un hommage criant aux voitures mythiques des années 40. "Nos designers ont eu carte blanche pour le design", explique David Barrière. "A la condition, précise le responsable produit chez DaimlerChrysler France, de créer un véhicule doté d’une excellente habitabilité et d’un volume de coffre capable de concurrencer les monospaces compacts déjà sur le marché." Elu voiture de l’année aux Etats-Unis, le PT Cruiser sera produit à 260.000 exemplaires en 2001. En France, les chiffres sont peu élevés, avec 1332 voitures vendues en l’an dernier et 3200 prévues cette année (1). "Il y a un engouement pour le design mais il faudra attendre la version dotée d’une moteur diesel 2,2l Mercedes (prévue début 2002) pour que les ventes décollent", estime David Barrière. Un cabriolet devrait enrichir la gamme bientôt.

(1) Prix de 123.900 francs (18.888 €) à 165.000 francs (25.150 €).

Par David Straus le 06 juillet 2001 à 18:52
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