Le pouvoir d'achat des cadres a baissé en 2000

Par , le 10 juillet 2001 à 16h40 , mis à jour le 09 juillet 2001 à 18h03

Pour beaucoup, l'année 2000 se sera traduite par une embellie économique et une hausse du pouvoir d'achat. Pas pour tous cependant puisque plus de 4 cadres sur dix ont vu leur situation financière régresser.

Maman et cadre : comment s'organiser ? © Plurielles

Contre toute attente, l'année 2000 n'a guère été faste pour les cadres français. Un peu moins de la moitié d'entre eux (42%), ont vu leur pouvoir d'achat régresser l'an dernier. Les années précédentes, ils étaient largement en dessous des 30% dans cette situation, selon les chiffres présentés hier par la CFDT lors de la publication de son enquête annuelle basée sur un échantillon de 1800 cadres.

En moyenne, "le pouvoir d'achat des salaires individuels nets (intégrant tous les éléments tels qu'évolution de carrière, prime, etc.) a progressé en 2000 de seulement 1,9% alors que la progression avait été de 2,5% en 1999 et de 2,9% en 1998", indique également l'enquête.

Selon la CFDT-cadres, cette érosion s'explique notamment par l'inflation. Le coût de la vie a augmenté plus rapidement en 2000 que les deux années précédentes avec une progression de 1,7%. Seconde raison invoquée par la CFDT-cadres : les processus d'individualisation des salaires. Seulement 55% des cadres ont bénéficié d'augmentations collectives en 2000 et la proportion de cadres n'ayant reçu aucune augmentation (ni individuelle, ni collective) "fait un saut" et atteint 22,3% de la population interrogée (contre 13,6% en 1999).

Les informaticiens et les commerciaux s'en sortent mieux

L'individualisation accroît en effet les discriminations entre cadres puisque ceux qui bénéficient d'augmentations individuelles voient leur pouvoir d'achat progresser de 4,1% en moyenne tandis que le pouvoir d'achat des autres régresse de 0,2%. Enfin, en 2000, l'accroissement des inégalités s'est confirmé, les salaires les plus élevés ayant progressé plus rapidement que les autres et ceux des hommes davantage que ceux des femmes...

Toutefois, certains tirent leur épingle du jeu. Les jeunes cadres sont de ceux-là, de même que ceux occupant des fonctions commerciales ou informatiques. Le miroir aux stock-options est très alléchant mais ne concerne qu'une toute petite partie des cadres. Les différents compléments de salaire (intéressement, participation, primes...) ne concernent qu'un cadre sur cinq.

Retrouvez l'intégralité de l'enquête de la CFDT-Cadres en cliquant ici

Par Sophie Lutrand le 10 juillet 2001 à 16:40
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