Quiétude et inquiétude autour de l'euro

Par , le 17 juillet 2001 à 15h58 , mis à jour le 16 juillet 2001 à 16h10

Alors que l’euro est de plus en plus utilisé par les Français, les Allemands regrettent que leur pays ait abandonné le mark. Du côté du FMI, les propos ne sont pas de nature à rassurer les eurosceptiques.

[Expiré] [Expiré] Euro Timbre 3 F 0,46 € poste française (AFP) © AFP

Plus d’un Allemand sur deux, 54% exactement, regrettent que leur pays ait abandonné le deutschemark au profit de la monnaie européenne. Ce sondage, réalisé par IMC pour le compte de la BBC radio, confirme à un mois d’intervalle celui publié en juin par le Financial Times Deutschland et dans lequel on apprenait sans surprise que deux tiers de nos voisins redoutaient une hausse des prix lors du basculement en janvier prochain.

Exit donc
le scénario
du réajustement
brutal
du dollar
sur l’euro

Les Allemands se contrediraient-ils ou souhaiteraient-ils à autrui les maux qu’ils craignent ? Toujours est-il que le même sondage d’IMC révèle que 55% des interrogés jugent que la Grande-Bretagne devrait rejoindre la zone euro. En Grande-Bretagne comme en Allemagne, on craint surtout d’abandonner une devise forte pour un euro en constante perte de vitesse face au dollar.

A ce propos, les déclarations d’un expert du Fonds monétaire international ne devraient pas rassurer les eurosceptiques. D’après Garry Schinasi, l’économie américaine a touché le fond ces derniers mois mais devrait redémarrer au second trimestre. Les investisseurs devraient, selon lui, continuer à privilégier les Etats-Unis pour leurs placements. Exit donc le scénario du réajustement brutal du dollar sur l’euro.

"Pensez-vous
qu'un Américain puisse dire quel est
le cours du dollar?
Il dirait sans doute:
un dollar est
un dollar"

Qu’importe rétorque le ministre belge des Finances, Dider Reynders, président actuel de l’Eurogroupe, dans une interview publiée sur la version en ligne de l’hebdomadaire allemand Stern : "Un euro faible offre de meilleures chances à l’exportation". Et de fustiger la tiédeur de certains : "Malheureusement, il y a en Europe une tradition d'évaluer les monnaies en  fonction de leur taux de change, du fait du nombre élevé de monnaies sur notre continent", déplore-t-il. "Nous devrions changer d'attitude. Pensez-vous qu'un Américain puisse dire quel est le cours du dollar ? Il dirait sans doute: un dollar est un dollar", a-t-il conclu.

Au même moment, Bercy annonce une augmentation de 11% de mai à juin du nombre de paiements scripturaux en euros (les seuls qu’on puisse faire, voyez notre article en lien ci-dessus). Le nombre de chèques en euros augmente particulièrement (36% en un mois) mais ne représente toujours qu’un centième en nombre et un dixième en valeur de l’ensemble des chèques. Et pour ceux qui s’inquiéteraient de la fabrication des nouvelles pièces, sachez que 88% des stocks nécessaires sont déjà frappés.

Par David Straus le 17 juillet 2001 à 15:58
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