Un rapport s'attaque aux publicités sexistes

Par Sandrine LEVEUGLE , le 12 juillet 2001 à 19h36 , mis à jour le 11 juillet 2001 à 19h37

Un groupe d’experts a remis mercredi son rapport sur « l’image des femmes dans la publicité » à Nicole Péry, secrétaire d’Etat aux droits des femmes. Afin d’endiguer les dérives récentes, ils préconisent une actualisation des règles du Bureau de vérification de la publicité (BVP), ainsi qu’un renforcement de la loi et du pouvoir des associations.

femmes pub © INTERNE


 
Une femme enchaînée, une autre dominée dans une posture animale, une troisième inutilement provocante… C’est en montrant des publicités jugées "humiliantes et dégradantes" que la secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, Nicole Péry, a présenté mercredi le rapport sur l’image de la femme dans la publicité.

Rédigé par un large groupe d’experts (publicitaires, annonceurs, diffuseurs, représentants de la mode, secteur associatif féministe, associations de consommateurs…), ce rapport propose au gouvernement plusieurs axes de réflexion afin de lutter contre " une certaine instrumentalisation du corps de la femme à des fins commerciales tendant à reproduire une image déviée, sinon dégradante de la femme ".

Un appel à une responsabilisation accrue des professionnels

Les experts suggèrent aux publicitaires de réactualiser leur code de déontologie mis en place via le Bureau de vérification de la publicité (BVP) : la dernière recommandation du BVP sur l’image de la femme date de 1975, alors que les réalités vécues par les femmes ont largement évolué. Reste à savoir l’influence qu’aura le BVP sur les entreprises du luxe dont les campagnes ont été mises en cause récemment et qui n’en sont pas adhérentes.

Une actualisation de la loi sur la liberté de la presse

Le rapport propose ensuite d’intégrer le principe de non discrimination sexuelle dans l’article 24 de la loi sur la presse de 1881, comme y ont été rajoutées les dispositions anti-racistes de la loi de 1971. L’objectif ? Permettre aux associations de saisir les tribunaux pour réagir aux publicités portant atteinte à l’image des femmes sur tout support de communication.

Renforcer le pouvoir des associations


 
" Ce n’est pas à l’Etat de juger ce qui est dégradant ; c’est au corps social au travers des associations et au travers de la justice de s’exprimer ", affirme Nicole Péry dans ses conclusions. Elle envisage notamment de faire participer les associations féminines et féministes au Conseil national de la consommation. L’Union féminine civique et sociale (UFCS) aimerait aller plus loin : " Nous demandons la création d’une instance publique, qui regroupe rait professionnels de la publicité et associations ", explique Laurence Boyer, déléguée générale de l’UFCS.

Promouvoir une éducation non sexiste

Pour accompagner ces propositions, le rapport préconise de sensibiliser les futurs professionnels et futurs consommateurs-citoyens sur les violences et les discriminations subies par les femmes. Des modules de formation pourraient être mis en place dans les collèges et lycées, mais également dans les écoles de commerce et autres écoles de stylisme.

A lire sur Plurielles : "Le porno chic des images choc"

Par Sandrine LEVEUGLE le 12 juillet 2001 à 19:36
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