Répit accordé à Bata-Hellocourt

Par D.S. , le 13 juillet 2001 à 12h39 , mis à jour le 13 juillet 2001 à 12h45

Le tribunal de grande instance de Metz a prononcé ce matin le redressement judiciaire de la société de Moussey en Moselle. Deux administrateurs géreront l’entreprise pendant six mois. La multinationale canadienne aurait secrètement programmé son désengagement depuis 1999.

Bata hellocourt chaussures banderole grève (LCI) © INTERNE

Ce n’est pas encore fini. Pas tout à fait. La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Metz a prononcé ce matin la mise en redressement judiciaire de la société Bata-Hellocourt SA de Moussey en Moselle. Chargée d’étudier le dossier de dépôt de bilan décidé mardi dernier par la direction, la juridiction a donc écarté la liquidation pure et simple au profit de la nomination de deux administrateurs judiciaires qui devront gérer les affaires de Bata pendant une "période d’observation" de six mois.

Quelque 200 salariés sur les 875 que compte l’entreprise ont défilé dans les rues de Metz peu avant la décision du TGI pour marquer leur désaccord avec la décision de la direction et, surtout, avec le comportement la multinationale canadienne de la chaussure qui, semble-t-il, a préparé de longue date et dans le plus grand secret son désengagement de l’usine d’Hellocourt.

Dès la fin 1999

Alors qu'elle programmait une mise à mort, la direction a continué à rassurer les salariés sur leur avenir et à les motiver pour qu'ils sauvent l'entreprise : une stratégie habituelle selon des experts des plans sociaux, mais qui a cette fois été mise en lumière par la divulgation de documents internes le 7 juin dernier. On y apprenait qu’une opération secrète baptisée "projet Gros" avait été lancée au moins dès la fin 1999. Dans un des documents, daté du 1er janvier 2000, il est fait état de la "volonté" du groupe de "se séparer de Bata Hellocourt" et ce "à moindre coût ". De "simples documents de travail" selon direction.

Quinze mois plus tard, alors que les syndicats, inquiets de la détérioration des comptes, ont déclenché une procédure d'alerte, le conseil d'administration affirme le 13 mars 2001 sa volonté de réduire ses pertes "à structure équivalente ". Et de requérir " la participation de l'ensemble des salariés de l'entreprise".

Le plan social le moins cher possible

A cette date l'opération est pourtant déjà entrée dans sa phase finale. Selon un document daté du 9 mars 2001, Bata est prête à mettre sur la table, en coût social, jusqu'à 250 millions de francs pour se désengager. Bernard Dupont, directeur financier de Bata France, signe alors un accord avec la société mère, Bata Shoe Organization (BSO) : il touchera une prime proportionnelle aux économies qu'il parviendra à faire sur le plan social. Montant maximum envisagé : 9,8 millions de francs, selon les documents publiés par les syndicats.

Le 10 mai, le pdg de l'usine, Lawrence Longford, opposé à un plan social, démissionne. Selon un agenda interne, figurant parmi les documents rendus publics, il est prévu que le nouveau pdg déclare le 2 juillet "Je suis obligé d'engager un dépôt de bilan". Ce dépôt aura eu lieu mardi dernier.

Par D.S. le 13 juillet 2001 à 12:39
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience