© INTERNEAéris jette l’éponge. Candidate à la reprise des charters du pôle aérien en difficulté AOM – Air Liberté, la direction de la compagnie toulousaine ne figurera pas ce soir sur la liste finale des repreneurs potentiels. Elle fustige au passage "l’attitude des syndicats hostiles à toute idée de discussions salariales, la lourdeur des 167 accords d'entreprise et le niveau de rémunération des personnels supérieur de 40% à celui du marché". Une dizaine de noms sont encore en lice pour la reprise totale ou partielle des activités du pôle français mais d’autres défections sont très probables avant la décision du tribunal de commerce de Créteil, ce jeudi.
Bien que ténu, l'espoir d'une reprise globale reste vivace chez les employés des compagnies. Ce scénario est aussi celui privilégié par les administrateurs, la direction et le ministère des Transports. Mais les deux candidats éprouvent de grosses difficultés à ficeler leur offre. Fidei, qui jusqu’ici était donnée favorite, n’a plus le soutien de Marc Rochet, le président d’AOM-Air Liberté. Quant au dossier Holco, même s’il est soutenu par les syndicats et les élus du comité d’entreprise, rien n’est acquis.
L'avenir du pôle est entre les mains de Swissair
Le porteur du projet, le pilote d'Air France Jean-Charles Corbet, épaulé par la banque canadienne CIBC, peut faire valoir plusieurs atouts. La reprise proposée s’étend aux filiales et devrait donc sauver plus d’emplois : entre 3400 et 3600 sur un total de 4978. La plupart de lignes devraient être maintenues. La Guyane serait abandonnée mais l’Algérie viendrait enrichir les destinations. Enfin, ce projet a le soutien du Club Méditerranée.
Mais AOM et Air Liberté perdent quelque 5 millions de francs par jour. Si les financiers d’Holco disposent d’un milliard de francs pour poursuivre l’activité cette année et l’année prochaine, ils refusent de débourser le moindre centime si Swissair ne s’engage pas à verser deux milliards de francs dans l’immédiat. Or, la compagnie zurichoise ne veut pas mettre la main au portefeuille si elle n’a pas la garantie d’échapper à des poursuites judiciaires d’AOM-Air Liberté. Si aucun accord n’est trouvé avant jeudi, les juges devront se résoudre à démanteler le groupe aérien, voire peut-être à le liquider.
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