© INTERNEEn langage jospinien, "considérable" signifie donc 40.000. La ministre de la Solidarité, Elisabeth Guigou, a dévoilé cet après-midi au huit syndicats le nombre de personnes qui seront recrutées pour renforcer les effectifs de la fonction publique hospitalière. 40.000 embauches, c’est nettement plus que les 10.000 souhaités par Laurent Fabius, le ministre des Finances. C’est à peine moins que les 50.000 préconisés par Elisabeth Guigou elle-même et la CFDT qui espérait au minimum une augmentation comparable au secteur privé (7%). C’est surtout beaucoup moins que les 75.000 équivalents temps plein réclamés par la CGT. Le premier syndicat de la fonction publique hospitalière avait averti qu’une proposition plus modeste constituerait "un casus belli". Ce devrait donc être la guerre.
Lors d'une suspension des négociations, Elisabeth Guigou s'est félicitée en considérant que cette enveloppe "était un effort considérable, exceptionnel et sans précédent dans la fonction publique hospitalière." Elle a rappelé que la réduction du temps de travail pour les quelque 780.000 agents des hôpitaux "serait effective à partir du 1er janvier 2002". Mais, elle a reconnu qu'en raison des difficultés de recrutement, notamment chez les infirmières et les aides-soignantes, "le nombre d'emplois créés ne pourrait l'être entièrement à cette date" mais sur trois ans. Sans même tenir compte du passage au 35 heures, le ministère de l’Emploi estime déjà qu’il manque 10.000 infirmières dans les hôpitaux français, le double selon les syndicats.
Les infirmiers, oui, les autres fonctionnaires, non !
Une campagne sera lancée à l’automne pour convaincre les 50.000 infirmiers ayant abandonné le métier de reprendre du service. Et, comme on l’a vu ces derniers temps, le ministère de la Santé n’écarte pas l’embauche de personnel venant de l’étranger, d’Espagne notamment.
Pour désamorcer toute velléité des autres fonctionnaires, Lionel Jospin a pris soin de préciser lors de son intervention sur TF1 que, compte tenu de "l’extraordinaire dévouement des personnels hospitaliers et des conditions très difficiles dans lesquelles ils agissent, les critères de productivité ne peuvent absolument pas être les mêmes (que dans le reste de la fonction publique)". Cela suffira-t-il à apaiser les esprits ? Les différents syndicats de la fonction hospitalière ont déjà menacé d’une journée nationale d’action dans les hôpitaux le 20 septembre prochain.
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