27.000 emplois dans la tourmente des restructurations

Par D.S. , le 24 août 2001 à 18h26 , mis à jour le 23 août 2001 à 18h35

L'accumulation de plans sociaux depuis le printemps reflète le tassement de la conjoncture et la pression boursière qui pousse les entreprises à ajuster leurs effectifs en fonction de leurs résultats. Elle est aussi la conséquence d'un mouvement d'externalisation et de délocalisation des activités non-stratégiques.

logos danone marks spencer valeo air liberte licenciements © INTERNE

Pas un jour ne passe, semble-t-il, sans l’annonce d’une restructuration d’entreprise en France. Pourtant, d’après les chiffres publiés par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité, les plans sociaux au premier semestre 2001, au nombre de 495, sont moins nombreux que pour la même période il y a un an. Pas de quoi pavoiser. D’abord la différence d’une année sur l’autre se chiffre en dizaines. Ensuite, plusieurs analystes et le Mouvement des entreprises de France (Medef) prédisent une accélération du mouvement dans les mois à venir.

Le secteur des nouvelles technologies, grand pourvoyeur d’emplois ces dernières années, n’a pas tenu ses promesses et fait machine arrière. Il n’est pas le seul, comme le montre la liste des entreprises en prise à des restructurations que nous publions ci-dessous.

Les patrons n'hésitent plus à licencier

La principale explication se trouve dans le tassement de la conjoncture, en particulier aux Etats-Unis. Les investissements en France ont marqué le pas au premier trimestre 2001, progressant à un rythme trois fois moindre qu’à la fin 2000. De nombreuses entreprises ont revu leurs projets à la baisse, quand elles ne les ont pas tout simplement abandonnés. La plupart d’entre elles ont également gelé les embauches ce qui devrait se traduire à court terme par une augmentation du chômage, prévoit le consultant indépendant Rexecode.

Selon lui, les patrons français sont aussi devenus plus réactifs et n’hésitent plus à ajuster leurs effectifs à la moindre mauvaise nouvelle, grâce à la flexibilité de l’emploi et au travail intérimaire. Sans compter que le durcissement de la législation sociale en France, les mesures anti-licenciement, ont pu pousser les employeurs à anticiper des mesures qu’ils auraient prises plus tard si la crise devait se confirmer.

Se garder les tâches nobles

Forum

Que pensez-vous
de ces entreprises
qui licencient ?
Exprimez-vous
en cliquant ici
 

Enfin, les plans de restructurations sont aussi la conséquence d’un mouvement d’externalisation ou de délocalisation, voire parfois des deux. Moulinex est l’exemple type de la société qui a trop tardé à délocaliser et doit le faire dans l’urgence avec à la clé 4000 emplois supprimés dont 1500 en France. N’a-t-on pas entendu récemment Serge Tchuruk, le pdg d’Alcatel, faire part de son rêve de transformer son groupe en société sans usines, tout concentré sur les tâches "nobles" comme la recherche, le développement et le marketing. Bilan : cession de six sites à des sous-traitants et, si tout va bien, des 13.500 employés qui les accompagnent.

Les nouvelles technologies ne sont pas les seules à agir de la sorte. Déjà les constructeurs automobiles ont confié à des sous-traitants la production de nombreux éléments des voitures. Renault ne se présente-t-il pas comme un "créateur" d’automobiles, un Dior de la mécanique qui laisserait la confection de ses modèles à de petites mains. Autant de décisions coûteuses en emplois et qui, sans toujours trouver leur justification dans des raisons industrielles, rassurent les actionnaires.

Société

Licenciements

dont France

 Fermetures

Danone - Lu

-

570

2 usines

Marks & Spencer

-

1700

18 magasins

AOM-Air Liberté

-

1477

-

Air Littoral

-

280 à 300

-

Sernam

-

116

3 agences

Philips

-

1200 + ?

1 usine

Lucent

-

550

-

Ericsson

-

191 ?

-

Compaq

8500

?

-

Alcatel

-

13500 concernés

6 sites cédés

Bayer

4000

?

-

Basf

4000

?

10 sites et 14 usines

3M

-

360

-

Bata -Hellocourt

-

875 concernés

1 usine

Dim-Sara Lee

-

230 concernés

usines

Banque de France

-

494

-

Crédit Lyonnais

-

2350 départs

-

NCR France

-

344

-

Valéo

-

573

2 usines

EADS

-

261

-

Moulinex-Brandt

-

1500

3 usines

Jouef

-

58

1 usine

Par D.S. le 24 août 2001 à 18:26
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience