© INTERNEPas un jour ne passe, semble-t-il, sans l’annonce d’une restructuration d’entreprise en France. Pourtant, d’après les chiffres publiés par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité, les plans sociaux au premier semestre 2001, au nombre de 495, sont moins nombreux que pour la même période il y a un an. Pas de quoi pavoiser. D’abord la différence d’une année sur l’autre se chiffre en dizaines. Ensuite, plusieurs analystes et le Mouvement des entreprises de France (Medef) prédisent une accélération du mouvement dans les mois à venir.
Le secteur des nouvelles technologies, grand pourvoyeur d’emplois ces dernières années, n’a pas tenu ses promesses et fait machine arrière. Il n’est pas le seul, comme le montre la liste des entreprises en prise à des restructurations que nous publions ci-dessous.
Les patrons n'hésitent plus à licencier
La principale explication se trouve dans le tassement de la conjoncture, en particulier aux Etats-Unis. Les investissements en France ont marqué le pas au premier trimestre 2001, progressant à un rythme trois fois moindre qu’à la fin 2000. De nombreuses entreprises ont revu leurs projets à la baisse, quand elles ne les ont pas tout simplement abandonnés. La plupart d’entre elles ont également gelé les embauches ce qui devrait se traduire à court terme par une augmentation du chômage, prévoit le consultant indépendant Rexecode.
Selon lui, les patrons français sont aussi devenus plus réactifs et n’hésitent plus à ajuster leurs effectifs à la moindre mauvaise nouvelle, grâce à la flexibilité de l’emploi et au travail intérimaire. Sans compter que le durcissement de la législation sociale en France, les mesures anti-licenciement, ont pu pousser les employeurs à anticiper des mesures qu’ils auraient prises plus tard si la crise devait se confirmer.
Se garder les tâches nobles
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Les nouvelles technologies ne sont pas les seules à agir de la sorte. Déjà les constructeurs automobiles ont confié à des sous-traitants la production de nombreux éléments des voitures. Renault ne se présente-t-il pas comme un "créateur" d’automobiles, un Dior de la mécanique qui laisserait la confection de ses modèles à de petites mains. Autant de décisions coûteuses en emplois et qui, sans toujours trouver leur justification dans des raisons industrielles, rassurent les actionnaires.
Société | Licenciements | dont France | Fermetures |
Danone - Lu | - | 570 | 2 usines |
Marks & Spencer | - | 1700 | 18 magasins |
AOM-Air Liberté | - | 1477 | - |
Air Littoral | - | 280 à 300 | - |
Sernam | - | 116 | 3 agences |
Philips | - | 1200 + ? | 1 usine |
Lucent | - | 550 | - |
Ericsson | - | 191 ? | - |
Compaq | 8500 | ? | - |
Alcatel | - | 13500 concernés | 6 sites cédés |
Bayer | 4000 | ? | - |
Basf | 4000 | ? | 10 sites et 14 usines |
3M | - | 360 | - |
Bata -Hellocourt | - | 875 concernés | 1 usine |
Dim-Sara Lee | - | 230 concernés | 3 usines |
Banque de France | - | 494 | - |
Crédit Lyonnais | - | 2350 départs | - |
NCR France | - | 344 | - |
Valéo | - | 573 | 2 usines |
EADS | - | 261 | - |
Moulinex-Brandt | - | 1500 | 3 usines |
Jouef | - | 58 | 1 usine |
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