© INTERNESurnommée "Air Peut-être" par ses passagers lassés des retards et annulations de vols, Air Afrique risque d’endosser le sobriquet d’"Air Jamais". La compagnie panafricaine joue son avenir aujourd’hui à Brazzaville (Congo) où les dirigeants des onze Etats actionnaires du pôle aérien doivent étudier un ultime plan de sauvetage.
Fondée en 1961, quand les Etats de l’ouest africain ont pris leur indépendance, Air Afrique a souffert de nombreuses erreurs de gestion qui lui valent aujourd’hui de suffoquer sous une dette de plus de trois milliards de francs. "Techniquement insolvable", jugeait récemment le vice-président de la Banque mondiale qui affirmait pourtant quelques temps plus tôt vouloir redresser la compagnie.
4600 employés pour 6 avions
D’où le projet radical proposé par Air France, le second actionnaire, qui prévoit la liquidation pure et simple d’Air Afrique et la création d’une "Nouvelle Compagnie Air Afrique". Le plan nécessite une recapitalisation par un apport de 500 millions de francs et, surtout, le licenciement de la moitié du personnel. Le pôle emploie actuellement 4600 personnes dans une trentaine de pays pour une flotte… une flottille de six avions, qui plus est menacés de saisie.
L’intersyndicale des employés et le personnel navigant d’Air Afrique exercent une pression pour contraindre les chefs d’Etat à rejeter ce plan de restructuration. Les syndicats demandent également le départ du directeur général américain Jefferson Erickson, délégué par la Banque mondiale, qu’ils accusent d’avoir alourdi les charges financières de la société. Si leurs revendications devaient trouver un écho auprès des actionnaires principaux, Air Afrique entrerait probablement dans sa dernière zone de turbulences.
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