Les consommateurs ont un coup de blues

Par , le 02 août 2001 à 12h31 , mis à jour le 02 août 2001 à 12h36

Selon l’Insee, l’inquiétude gagne de plus en plus les ménages sur lesquels reposent l’essentiel de la croissance française. Ce manque de confiance ne rassure pas les industriels qui réduisent la voilure le temps que l’orage passe. A condition que ce ne soit qu’un orage…

homme travailleur employé deprime fatigue (DR) © INTERNE

Les ménages devaient sauver la croissance française, menacée par le ralentissement de l’économie mondiale. Voici que leur moral se dégrade en juillet, en repli pour le sixième mois consécutif. Alors que les entreprises et consommateurs étrangers passaient moins de commandes dans l’Hexagone, l’industrie française se reposait, presque incrédule, sur l’optimisme, l’euphorie même, des consommateurs nationaux.

Les consommateurs
ont mal encaissé
l’accélération
de l’inflation
ces derniers temps
et craignent
qu’elle ne se poursuive
dans les mois à venir

Mais voilà, les Français ne sont plus extatiques. Et leur pessimisme (modéré il est vrai) fait craindre un ralentissement de leur consommation dans les mois à venir. On a beau être adepte de la méthode Coué et se convaincre que tout va bien, plusieurs indicateurs économiques ne sont pas pour rassurer. A commencer par le taux de chômage en progression de 0,4% à 8,8% en juin, après un mois de mai lui aussi décevant. Pas de quoi s’alarmer s’il n’y avait ces plans de restructuration accompagnés de plusieurs suppressions d’emplois. L’Insee souligne d’ailleurs l’inquiétude grandissante des ménages face aux perspectives d’évolution du chômage.

Les consommateurs ont mal encaissé l’accélération de l’inflation ces derniers mois et craignent qu’elle ne se poursuive dans les mois à venir. A tort, estiment les économistes. Dès juin, l’augmentation des prix s’est ralentie, en France en particulier. La stabilité retrouvée des coûts du pétrole et la diminution des prix des aliments devraient confirmer cette tendance dans les mois à venir.


 

De plus, les Français n’ont aucune raison de s’inquiéter de leur pouvoir d’achat. Les salaires continuent de croître régulièrement et les impôts doivent à nouveau baisser. Si vraiment les consommateurs craignaient pour leur portefeuille, ils gonfleraient leurs épargne. Or, le sondage de l’Insee montre qu’ils y songent de moins en moins. Un simple coup de blues, alors ?

Les patrons ne vont pas beaucoup mieux. En juin, leur moral était au plus bas depuis 1999. L’enquête trimestrielle dans l’industrie publiée aujourd’hui par l’Insee ne va pas les réconforter. Seul le secteur automobile se porte bien et tire le reste de l’activité. Mais la proportion des industriels confrontés à des difficultés de trésorerie a légèrement augmenté ces trois derniers mois. Les employeurs ne prévoient pas d’embauches dans l’immédiat et comptent bien économiser là où ils le peuvent. Beaucoup diffèrent leurs investissements. Ce qui tend à prouver qu’ils espèrent une éclaircie, sans quoi ils y renonceraient purement et simplement.

Par David Straus le 02 août 2001 à 12:31
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