© INTERNELa première économie de l'Union européenne (UE) est en plein ralentissement. "Le Produit intérieur brut (PIB) réel du deuxième trimestre est sensiblement le même que celui du premier trimestre en données corrigées des variations saisonnières", a déclaré la Bundesbank dans un rapport publié jeudi. Selon la banque centrale, l'Allemagne, généralement le bon élève de la zone euro, afficherait au deuxième trimestre, une progression du PIB annuelle de seulement 1% soit une baisse de moitié par rapport aux chiffres du trimestre précédent.
Cette dégradation de la conjoncture économique se traduit concrètement par des suppressions d'emplois massives au sein de plusieurs grands groupes allemands, Opel, Siemens, Daimler-Chysler, et le chômage touche désormais 9,3% de la population active. La peur de perdre son emploi refait surface, freinant la consommation intérieure au grand dam de l'équipe du chancelier Schroeder qui pensait la relancer par des baisses d'impôts. Dans un élan d'optimisme le chancelier allemand s'était également engagé à porter le nombre de chômeurs en dessous de la barre des 3,5 millions d'ici à novembre 2002 ; hélas, la stagnation de la croissance rend ce pronostic de plus en plus aléatoire, en particulier dans les länder de l'est du pays ou le chômage fait rage.
Pour la "Buba", 2002 sera un bon cru
Malgré tout la banque centrale reste optimiste et dénie tout glissement vers une récession, mieux elle pronostique une croissance positive en 2002. L'argumentation de la Bundesbank ne vaut cependant que si les Etats-Unis, principaux clients des industriels allemands, se ressaisissent et améliorent leurs performances économiques, qui sont pour le moins moroses actuellement. Optimiste mais prudente, la Bundesbank estime que, "le gouvernement allemand aura bien du mal à tenir son objectif de limitation du déficit public à 1,5% du PIB, et là, réside un risque réel de chute de confiance des marchés dans la zone euro ce qui aurait des effets néfastes pour les taux."
Au delà des chiffres et des prévisions économiques, le moral des ménages allemands est atteint, les consommateurs préfèrent désormais se restreindre en attendant des jours meilleurs, et la sortie de la crise ne sera donc probablement pas aussi rapide que les politiciens allemands l'espèrent.
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