© INTERNEA quelque chose malheur est bon. Le ralentissement économique pourrait faire diminuer le nombre d’accidents du travail. Une étude du ministère de l’Emploi (1) montre en effet que le risque d’accident augmente lorsque la situation économique s’améliore, et vice versa. Si l’on parle en terme de fréquence (nombre d’accidents par millions d’heures travaillées) et non plus en quantité, le taux décroît, certes, mais nettement moins vite qu’il y a vingt-cinq ans.
Au-delà des fluctuations dues à la conjoncture, on s’aperçoit que les accidents du travail s’accroissent lentement mais sûrement depuis les années 90 après avoir diminué fortement les vingt années précédentes. Alors qu’il y a trente ans l’industrie pesait le plus lourdement sur les statistiques de la Sécu, aujourd’hui c’est le tertiaire qui fait courir le plus grand risque à ses salariés. L’industrie a beaucoup licencié, c’est vrai, mais elle s’est aussi beaucoup transformée. Certaines activités dangereuses dans la sidérurgie ou le charbon ont disparu. Les ouvriers sont plus qualifiés, mieux protégés ou… remplacés par des machines.
Dans le même temps, le tertiaire s’est développé jusqu’à employer un salarié sur deux en 2001, tout en opérant une mutation. Ce secteur regroupe de nos jours la restauration, les entreprises d’assainissement et quantité d’occupations bien plus dangereuses que les traditionnelles activités de bureau.
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Les intérimaires particulièrement exposés
Quel que soit le secteur, l’accroissement de l’emploi n’explique pas toute la hausse du nombre d’accidents, en particulier ces dernières années. "Tout se passe, précisent les auteurs de l’étude, comme si les risques augmentaient lorsque les ressources en main-d’œuvre sont employées au maximum, et qu’à l’inverse un ralentissement économique relâche les tensions dans l’organisation du travail." Deux hypothèses sont avancées : l’intensification du travail lié à la reprise économique et le manque d’expérience des nouvelles recrues venues porter main forte aux anciens.
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Ces deux faiblesses caractérisent particulièrement le travail intérimaire auquel ont recours les employeurs en période de croissance. Peu ou pas suivis par la médecine du travail, les intérimaires sont plus exposés à des rythmes de travail astreignants, sont moins bien sensibilisés à la sécurité, n’ont pas le temps de s’adapter et, bien souvent, assument les tâches que les permanents rechignent à exécuter. Des victimes toute désignées.
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En 1999, sur 1.362.003 accidents du travail recensés par la Caisse nationale d’Assurance maladie (2), 724.232 ont entraîné un arrêt de travail de plus de 24 heures dans le secteur privé non agricole, soit une hausse de 4,8% en un an. L’année dernière, la tendance s’est confirmée selon des estimations provisoires, avec 744.798 arrêts de travail (+2,8% par rapport à 1999). 702 personnes ont perdu la vie pendant leur travail en 1999 contre 669 en 1998. Les estimations provisoires pour 2000 évaluent le nombre de décès à 746. Près d’un tué sur quatre l’a été sur la route. |
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