C'est l'été, les impôts fondent

Par Gérard RANSAY , le 19 août 2001 à 17h48 , mis à jour le 17 août 2001 à 17h59

Bercy tient ses promesses et les avis d'impositions que reçoivent en ce moment même les Français tiennent compte des diminutions des barèmes et autres primes pour l'emploi que Laurent Fabius avait annoncées l'an dernier.

Bercy Impôts Bâtiment sur Seine © INTERNE

Le mois d'août aura un parfum de Noël cette année, et ce, grâce au ministère des Finances qui met en œuvre le plan d'allègement d'impôts de 120 milliards de francs sur trois ans que le gouvernement avait rendu public en insistant sur le fait que ces réductions porteraient aussi sur le sacro-saint impôt sur le revenu, cher aux salariés.

Au total plus de 15 millions de contribuables verront leur "feuille d'impôt" diminuer de 1500 francs (230 euros) en moyenne. Cette cure d'amaigrissement fiscale est rendu possible par l'utilisation des baisses des taux du barème d'imposition, et par le relèvement de plusieurs plafonds retenus pour les calculs : le quotient familial, l'abattement pour les enfants majeurs, les pensions alimentaires. Le cadeau est donc significatif puisque concrètement il représente une réduction fiscale supérieure à 10% du total, et ce pour près de la moitié des contribuables.

10 millions de bénéficiaires pour la PPE

La prime pour l'emploi (PPE) concernera donc 10 millions de contribuables, dont le revenu professionnel est inférieur à 1,4 fois le SMIC, soit environ 8000 francs nets par mois. Selon que ces personnes soient soumises ou non à l'impôt sur le revenu, la prime leur sera versée directement, ou déduite de leur feuille d'impôts.

Mesure populaire s'il en est, la baisse d'impôts est un argument électoral efficace surtout si les personnes concernées s'en rendent réellement compte. Pour cela il faut que la réduction soit tangible, qu'elle touche un nombre important de contribuables, et surtout que l'on communique au maximum sur ce doux bonus de fin d'été. A priori toutes ces conditions sont réunies, et Laurent Fabius ne peut que s'en réjouir car que ce soit à titre personnel ou au nom du gouvernement socialiste, la mesure ne peut qu'être bien accueillie par l'opinion.

Enthousiaste, Laurent Fabius a déjà annoncé 38 milliards d'allègements fiscaux pour 2002, année des élections législatives et présidentielles. Le grain de sable qui pourrait bloquer les rouages de la mécanique des baisses fiscales, est la croissance qui pique du nez chez nos voisins de la zone euro, et limiterait fortement la marge de manœuvre de Bercy si le phénomène se produisait en France.

Par Gérard RANSAY le 19 août 2001 à 17:48
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