La Fed baisse ses taux

Par G.R. et F.L. , le 21 août 2001 à 07h00 , mis à jour le 20 août 2001 à 20h38

La décision attendue fébrilement par tous les opérateurs des salles de marchés est tombée mardi soir : la banque fédérale de réserve (Fed) américaine baisse ses taux d'intérêt de 25 points. C'est la 7e baisse depuis le début de l'année... et peut-être pas la dernière.

greenspan © INTERNE

Ce mardi soir, les investisseurs du monde entier avaient les yeux braqués sur la Fed. Tous espéraient un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Banque fédérale de Réserve pour sortir l'économie américaine de sa léthargie. La décision annoncée a été conforme aux prévisions : la Réserve fédérale a réduit ses taux directeurs de 25 points de base, portant ainsi le taux interbancaire au jour le jour, à 3,50%. Il s'agit de la 7e baisse depuis le début de l'année; elle porte l'ensemble des réductions de cette année à 300 points de base. Le taux des Federal Funds est désormais à son niveau le plus bas depuis le printemps 1994. Dans son communiqué, le comité de politique monétaire de la Fed s'est dit prêt à continuer d'assouplir le crédit si l'activité économique continuait à se détériorer.

Le pessimisme est plus fort que les coups d'éclat de la FED

Mais cette intervention annoncée de la Fed n'a pas suffi jusqu'à présent à convaincre les investisseurs qui misent déjà sur des placements plus sécurisants, comme l'obligataire, au détriment des actions. Dans les salles de marché on n'a pas oublié que les précédentes interventions à la baisse de la FED n'ont pas réussi à éviter un brutal coup de frein de la croissance américaine. Selon Salomon Smith Barney la banque d'affaires de Wall-Street "sur les deux dernières semaines, les actions ont baissé, l'écart entre les obligations privées et obligations d'Etat s'est accru et le dollar s'est affaibli significativement. Cet ensemble de facteurs laisse donc entendre que les marchés pensent que les perspectives de l'économie américaine se sont assombries par rapport à celles des autres économies".

Hélas, la bonne vieille théorie des vases communicants ne s'applique pas forcément en économie, et le ralentissement américain n'implique pas une arrivée massive des investisseurs dans la zone euro, comme d'aucuns l'espéraient. Pis, la croissance allemande étant enrhumée, la banque centrale européenne timorée, rechignant à baisser ses taux, l'Europe pourrait bien connaître un passage à vide encore plus brutal que celui des Etats-Unis.

Les interventions du patron de la FED, Alan Greenspan sont toujours des moments forts pour l'économie mondiale, et celle d'aujourd'hui, au delà des chiffres, redonnera aux investisseurs un élan salvateur, pour les mois à venir ou accentuera la morosité ambiante, le seigneur des taux mérite plus que jamais son titre de "boss de l'économie planétaire".

Par G.R. et F.L. le 21 août 2001 à 07:00
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