Les gros appétits d'AOL (2/3)

Par Christophe ABRIC , le 02 août 2001 à 16h08 , mis à jour le 01 août 2001 à 16h15

Rien ne semble pouvoir calmer la fringale d'AOL-Time Warner, déjà l'entreprise la plus puissante d'Internet. Contenu, accès, commerce en ligne… La boîte de Steve Case veut devenir leader incontesté du secteur. En s'assurant une mainmise sur les contenus, dans leur production aussi bien que dans leur distribution.

AOL gourmand © INTERNE

En investissant 100 millions de dollars en achats d'action dans la librairie en ligne Amazon, AOL-Time Warner a en quelque sorte bouclé la boucle. En échange de cette manne providentielle, Amazon devra fournir au géant sa technologie de commerce en ligne et assurer la promotion de son offre d'accès à Internet. La seconde clause n'a rien d'exceptionnel : AOL sait se vendre et s'assurer une visibilité conséquente. La première est en revanche intéressante, car le commerce en ligne reste un domaine encore en friche pour le groupe, qui pourrait pleinement lui profiter.

Prison dorée

La stratégie d'AOL-Time Warner à l'égard des contenus n'est pas différente de celles d'autres géants, en premier lieu Vivendi-Universal. Il s'agit de pouvoir tout fournir (de préférence ses propres produits et contenus), par tous les moyens, en gardant l'internaute-consommateur dans la cage dorée qu'on lui a fabriquée. En s'associant avec le groupe Time Warner, AOL a mis main basse sur une impressionnante source de contenus : CNN, Time Magazine, le catalogue musical et les films Warner (En Vogue, Matrix, Harry Potter…)… Il est ainsi devenu le premier empire industriel de la communication mondiale. Vivendi-Universal, Disney et consorts ne s'y sont pas trompés, en essayant d'empêcher cette fusion.

AOL everywhere

AOL est le plus grand fournisseur d'accès à Internet dans le monde. Il a fusionné avec le premier groupe de médias. Il possède la radio Internet la plus écoutée (Spinner), l'un des logiciels audio les plus répandus (Winamp). Et il prévoit de racheter Amazon. Si tel était le cas, le rêve de son fondateur Steve Case ("AOL partout") serait presque réalisé. Pour s'informer, communiquer, se divertir, écouter de la musique, acheter des produits culturels, l'abonné à AOL n'aura besoin de p"rien d'autre qu'AOL. Et quand Case explique que "cette première décennie sera placée sous le signe de la convergence", on peut penser qu'AOL ne s'arrêtera pas là. Le groupe s'apprête d'ailleurs à acheter le plus gros réseau câblé des Etats-Unis, AT&T.

(Demain : mainmise sur les tuyaux)

Par Christophe ABRIC le 02 août 2001 à 16:08
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