© INTERNELe ralentissement économique. Le Premier ministre a constaté que, après avoir mieux profité de la croissance que ses partenaires européens, la France résistait mieux qu’eux au choc du ralentissement de l'économie américaine. Il prévoit une croissance de 2,3% à 2,5% pour cette année. A deux jours de la réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, Lionel Jospin a souhaité que les taux d'intérêt en Europe "évoluent de façon positive à la baisse". Pas question, quoiqu’il en soit, de "laisser filer les déficits publics", s’est-il engagé.
Les impôts, la prime pour l’emploi, l’ARS. "Le mouvement de la baisse de la fiscalité sera poursuivi d’autant que cela joue un rôle utile sur la situation économique", a estimé le Premier ministre. La baisse des taux du barème de l’impôt sur les revenus de 2000 représente un cadeau fiscal de 23,5 milliards de francs. Dans un contexte de ralentissement de la croissance, "le fait de faire des baisses d'impôts sur le revenu, pour les entreprises dans une certaine mesure, le fait de faire la prime pour l'emploi pour ceux qui ne sont pas imposables, le fait d'avoir augmenté le montant de l'allocation de rentrée scolaire vont avoir un effet positif sur la croissance et sur l'emploi. Cette politique est juste économiquement", a-t-il expliqué.
Au total, ces mesures représentent 40 milliards de francs (6,1 milliards d’euros) destinés à maintenir le pouvoir d’achat des ménages français. Ce dernier, a rappelé hier le ministre de l’Economie et des Finances, a progressé de "15% depuis l’arrivée du gouvernement Jospin en 1997, contre 5% entre 1992 et 1996". Sans doute cela sera-t-il insuffisant pour faire taire la critique, y compris au sein de la majorité. Dimanche dernier, le secrétaire général du PCF, Robert Hue, estimait que la politique du gouvernement était "tiède dans ses objectifs" et "pâlichonne dans ses résultats".
Le chômage. "A partir du moment où le taux de croissance est plus faible, à partir du moment où l'impact des 35 heures est un peu derrière nous (…), à partir du moment aussi où nous avons réalisé les contingents des emplois-jeunes, il est clair que les réductions de chômage seront moins fortes", a reconnu le Premier ministre.
La mondialisation. Concernant la taxe Tobin qui préconise un impôt sur les transactions internationales sur les devises, Lionel Jospin est "favorable à ce que la France propose que l'Union européenne prenne une initiative au plan international" mais il n’a pas précisé si son gouvernement était favorable à cette taxe notamment proposée par le collectif Attac. Le ministre de l'économie Laurent Fabius avait proposé cette semaine "une taxation des mouvements internationaux de ventes d'armes", à la place de la taxe Tobin.
Si le gouvernement met en avant sa politique sociale, il ne peut pas négliger pour autant les entrepreneurs. Le dossier des 35 heures prend un tour particulièrement épineux à l’heure où l’économie s’essouffle.
Les 35 heures. Constat d'échec ou pragmatisme, le gouvernement a l’intention "d'assouplir les conditions" dans lesquelles le passage aux 35 heures se fera pour les PME de moins de 20 salariés, notamment en permettant "sans doute par décret" qu'un "contingent d'heures supplémentaires soit possible". Les lois Aubry prévoient pour le moment un contingent d'heures supplémentaires plafonné à 130 heures par an. Ces dérogations en fâcheront certains. Mardi après-midi, la CFTC a prévenu qu’elle n’accepterait pas ces dérogations qui rompent l’égalité entre les salariés.
Néanmoins, Lionel Jospin a promis qu'un "nombre considérable" d'emplois seraient créés dans les hôpitaux publics par la réduction du temps de travail prévue pour le 1er janvier 2002. Jeudi s’ouvrent les négociations sur la réduction du temps de travail qui concernent quelque 780.000 agents hospitaliers. Elisabeth Guigou, la ministre de la Solidarité préconise la créations de 50.000 postes et le ministre des Finances Laurent Fabius, est plutôt partisan de 10.000 créations.
Enfin, le Premier ministre aura évoqué deux derniers sujets d’inquiétude pour les Français.
Les OGM. Lionel Jospin a rappelé que les actes de destruction de cultures d'OGM sont "illégaux". Il a lancé "personnellement" un "appel" aux organisateurs pour qu'ils "renoncent à ce type d'action". "J'ai demandé au ministre de l'Agriculture Jean Glavany et à celui de l'Environnement Yves Cochet de mieux encadrer les conditions dans lesquelles ces expérimentations sont faites, en champ, et, par ailleurs, je suis ouvert à un débat entre scientifiques et différents acteurs sur justement l'intérêt ou les dangers de la recherche dans ce domaine", a indiqué le Premier ministre, résumant sa position: "je ne veux ni imprudence, ni obscurantisme".
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Selon un sondage Ipsos réalisé les 24 et 25 août auprès de 945 personnes et publié dans le Journal du Dimanche du 26 août, 56% des Français estiment que la situation économique va se détériorer dans les prochains mois, contre 32% qui pensent le contraire.
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