Ouvre-moi la Poste... même en été

Par , le 09 août 2001 à 19h07 , mis à jour le 08 août 2001 à 19h13

Sud-PTT revient à la charge sur la question de la fermeture de certains bureaux de poste durant l’été. Le syndicat accuse le silence du ministre en charge de ce secteur et se tourne vers le Premier ministre. Les explications de La Poste ne semblent convaincre ni syndicats ni usagers ni élus.

La Poste perd peu à peu son monopole © INTERNE

La polémique née de la fermeture en été de plusieurs bureaux de poste ne s’éteint pas. Hier, le syndicat Sud-PTT a alimenté l’incendie en demandant au Premier ministre en personne de s’impliquer dans ce dossier à propos duquel se sont émus en cœur les syndicats, les associations d’usagers et de nombreux élus. "Dans ce concert de protestations, un seul absent, et de taille : Christian Pierret, ministre en charge de La Poste", accuse Sud-PTT.

Au cabinet du ministre mis en cause, on s’étonnait hier soir de la poussée de fièvre de Sud-PTT. "De nombreux maires ont déjà reçu des réponses détaillées sur le sort réservé à leurs bureaux de poste ; les autres recevront une explication avant la fin de la semaine prochaine", faisait-on savoir, rappelant que la direction de La Poste s’était déjà exprimée sur "ce phénomène saisonnier mais peut-être plus ample cette année".

80.000 personnes engagées en été

Fin juillet, La Poste avait démenti les allégations des syndicats selon lesquelles les fermetures estivales des bureaux, surtout en zone rurale, étaient un prélude à des fermetures définitives ou, du moins, à un désengagement. "La Poste adapte pendant l'été et de façon très provisoire, les horaires d'ouverture de certains de ses 17.000 points de contacts afin d'être au plus près des attentes de ses clients", avait-elle admis.

"Mais, expliquait-elle, dans les zones où la population et le trafic postal sont moins denses et dans lesquelles la disponibilité de certains guichets peut être exceptionnellement et très provisoirement réduite", La Poste a prévu des solutions de rechanges à proximité. " En contrepartie, faisait remarquer l’entreprise, nous renforçons notre présence sur les zones touristiques, en créant des bureaux saisonniers, en élargissant nos horaires d'ouverture pour les bureaux existant, en recrutant 80.000 personnes en juillet-août".

La faute aux 35 heures ?

Un recrutement largement insuffisant au regard des besoins, se plaignent les syndicats. Ils rappellent que La Poste, en tant que service public, "est tenue, selon l'article L1 du Code de La Poste et des Télécommunications, d'assurer une distribution du courrier tous les jours ouvrés (du lundi au samedi)". Même son de cloche à l’Association des usagers de l’administration. "La Poste répartit mal ses employés de toute façon trop peu nombreux pour assurer ses obligations. Il est injuste de privilégier les usagers en vacances au détriment de ceux qui restent dans les villes et les campagnes", s’insurge Nadila Ramdani, vice-présidente de l’Adua.

Ecrivant lui aussi à Lionel Jospin, le président de l'Association des maires de France, Jean-Paul Delevoye, évoquait, très opportunément, une explication à cette carence. Selon le sénateur RPR, La Poste aurait expliqué que "ce non-recrutement était dû notamment au besoin de compensation de la perte financière rencontrée par ce service public en raison, entre autre, de la mise en place de la réduction du temps de travail sans compensation par l’Etat".

Par David Straus le 09 août 2001 à 19:07
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