© AFPAtteinte aux libertés individuelles ou manque de correction ? Le conseil des prud'hommes de Rouen s'est donné jusqu'au 21 août pour rendre son ordonnance relative au recours en référé engagé par Cédric Monribot. Le technicien de l'usine Sagem de Saint-Etienne du Rouvray en Seine-maritime a été licencié fin juin pour avoir porté un bermuda sur son lieu de travail (Voyez notre article en lien ci-dessus).
Le défenseur CGT du salarié, Gérard Blomme a demandé au conseil d'ordonner sa réintégration. "Il s'agit d'une atteinte aux libertés individuelles", a-t-il dit à l'adresse des conseillers prud'homaux, assurant que le licenciement ne s'appuyait sur aucun article du règlement intérieur. Le syndicaliste a rappelé que Cédric avait l'habitude de porter un bermuda en été et que cela n'avait pas posé de problème dans les autres emplois qu'il avait occupés. 
Cédric Monribot - AFP
"Mais, à la Sagem, il a subi une période de harcèlement de sa hiérarchie pour qu'il se mette dans une tenue plus convenable et plus adaptée qui s'apprécie différemment dans cette entreprise selon qu'on est un homme ou une femme", a-t-il dit. "Quand apparaissent des jambes nues d'homme cela pose problème mais quand il s'agit de jambes de femmes, non", a-t-il conclu.
"Une manifestation ponctuelle d'originalité"
"Il n'y a pas à la Sagem abolition des principes d'équité ni des libertés individuelles mais quelques obligations qui naissent de la correction, de la bienséance et de la décence", a plaidé de son côté Maître Jean-Pierre Lefol, avocat de l’entreprise, avant d’expliquer que la direction avait d'abord considéré cette tenue comme "une manifestation ponctuelle d'originalité" en laissant trois semaines à Cédric pour troquer son bermuda pour un pantalon.
L’avocat a fait valoir que le salarié était en contact avec la clientèle même s'il ne recevait pas directement des clients. "Le laboratoire environnement où travaillait Cédric Monribot se trouve à côté du patio dans lequel évoluent les clients", a-t-il assuré. "La tenue de Cédric Monribot a généré "un désordre" dans son service en suscitant des plaisanteries de ses collègues", a-t-il précisé. "Si mes confères ou moi venions plaider en bermuda, monsieur le Président, vous nous prendriez pour de joyeux plaisantins", a ajouté Me Lefol.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




