Très chère rentrée : toujours plus (1/2)

Par , le 20 août 2001 à 19h04 , mis à jour le 20 août 2001 à 19h14

Les familles devront en moyenne débourser 4,3% de plus qu’en 2000 pour la rentrée scolaire. En cause, la hausse du prix du papier. Mais entre les offres des commerçants, les exigences des enseignants et l’envie de voir réussir leurs enfants, les parents ne résistent pas toujours.

[Expiré] [Expiré] fourniture école rentrée scolaire enfants écoliers (AFP) © AFP

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Quand on aime, on ne compte pas. Et, cette année encore, les parents devront faire preuve d’un amour infini pour leurs enfants en âge de fréquenter les cours de récré. Car les frais de la rentrée accusent une sérieuse augmentation par rapport à l’année dernière. Selon une étude réalisée par la Confédération syndicale des familles, les ménages devront en moyenne débourser 4,3% de plus qu’en 2000 au mois de septembre.

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La rentrée d’un enfant en cours préparatoire coûte 578 francs (88,12 €). Pour une seconde industrielle, elle se chiffre à 4722 francs (719.86 €). De quoi peser lourdement sur les finances des familles les moins fortunées. Ainsi, un couple de smicards avec trois enfants (le premier en 4e, le deuxième en 6e et le dernier en CM2) consacrera 37,50% de son budget de septembre à leur scolarisation, compte tenu des allocations familiales et de l’allocation de rentrée fixée cette années à 1600 francs (244 €) par enfant. Mais pour une famille touchant le smic et ayant trois enfants en techno-pro, l’ensemble des ressources du mois de septembre ne suffiront pas à payer les frais d’école équivalant à 1,3 fois les revenus.

De coûteux gadgets

En cause, la flambée du prix du papier mais pas uniquement, souligne cette association de défense des familles née en 1946. Second marché après celui de Noël, c’est dire si la rentrée est synonyme de profits juteux pour les commerçants. Offerts à profusion, de nombreux articles s’apparentent souvent à des gadgets, comme le roller de correction ou le support pour porte-plume. Sans compter les feuilles vendues par rame de mille ou les crayons par paquet de vingt-cinq proportionnellement moins chers mais complètement inutiles.

Comment refuser à ses bambins la dernière trousse affublée d’un dinosaure quand la publicité a préparé le terrain jusque sur les bancs ? On a même vu des écoles distribuer en toute illégalité des questionnaires aux parents pour le compte d’entreprises qui les démarcheront par la suite : "Vous voulez que vos enfants réussissent, achetez leur cette encyclopédie en plusieurs volumes".

L'ordinateur: utile mais attention !

Sans toujours atteindre de telles proportions, le chantage à la réussite est omniprésent. Les maisons d’édition ne se contentent plus de proposer des cahiers de vacances, elles vendent désormais des cahiers toute l’année, dans toute les matières, pour tous les âges et surtout à tous les prix (de 30 francs à plus de 100 francs !). Dès la maternelle, les gamins peuvent apprendre à lire avec ces ouvrages. Ces outils para-scolaires sont déclinés sous forme de cassettes audio ou vidéo et, must des musts, sous forme de cédéroms.

Ces derniers consacrent d’ailleurs l’arrivée en force de l’informatique dans les familles. Un quart des foyers français sont équipés d’un ordinateur. Comme chaque année, de nombreux ménages se laisseront tenter par les offres de rentrée. Certaines grandes surfaces proposent des équipements complets à 7000 francs. Mais gare aux déceptions. Achetés dans l’urgence, ces appareils s’avèrent souvent inadaptés aux besoins de l’enfant et servent à tout le mieux de console de jeux. Ajoutez à cela une connexion à l’Internet et voilà l’écolier paré… et ses parents ruinés.


Bonnet d'âne pour les profs

Les établissements scolaires participent aussi à l’inflation des frais scolaires, en gonflant les listes de fournitures notamment. Même la maternelle subit la contagion : des mouchoirs en papiers aux lingettes, en passant par le "goûter" du matin, l’ardoise se monte parfois à 500 francs. Petit aperçu de ce qu’ils peuvent faire ou non.

Livres et manuels. En maternelle déjà, les enseignants prônent parfois l’achat d’albums ou l’abonnement à des revues. Ce ne peut-être qu’un conseil et non une obligation. En primaire et au collège, la dotation des municipalités et de l’Etat suffisent en principe à payer les bouquins. Dans les faits, les parents déboursent jusqu’à 400 francs à cette fin. Si quelques régions acceptent de mettre la main au portefeuille, les livres au lycée restent souvent à la charge des parents. En seconde, ils ne s’en tireront pas à moins de 1500 francs. Et ne comptez pas refiler les livres des aînés aux plus petits. Le passage à l’euro les rendra désuets.

Photocopies et frais administratifs. La loi interdit de faire contribuer les familles aux frais pédagogiques. Refusez donc de payer des sommes forfaitaires à ces fins, voire de fournir des rames de papier pour photocopie.

Assurances scolaires. La plupart du temps, l’assurance multirisque habitation moyennant extension couvre votre enfant pour les dommages qu’il subit mais aussi pour ceux qu’il cause. Toutefois des assurances spécifiques existent parfois moins onéreuses. A l’école, l’élève est couvert gratuitement pour toutes les activités obligatoires et gratuites et sorties scolaires régulières.

Photographie de classe. Seule la photographie de classe est autorisée ; les photos individuelles sont interdites. En aucun cas, l’achat n’est obligatoire.

Par David Straus le 20 août 2001 à 19:04
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