© AFPHier, à l’Europort de Vatry. Un Concorde se pose sur la piste pour y effectuer les derniers essais. Tout sourire, le président du conseil général de la Marne, Albert Vecten déclare : "Vous voyez, le troisième aéroport francilien existe déjà et c’est Vatry !" Décidément, le choix du site de la future "plate-forme aéroportuaire", comme se plaît à la désigner Lionel Jospin, donne lieu à une valse-hésitation. On se souvient qu’en octobre dernier le sénateur Vecten avait déployé la même énergie à rejeter l’option de l’Europort de Vatry au motif qu’il était destiné à recevoir des cargos et non des charters. "On ne peut pas courir deux lièvres à la fois", s’était alors exclamé le père de cet aéroport de la Marne.
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Indispensable, cet aéroport ?
A ce jour, seul un dossier concurrent, celui de Beauvilliers en Eure-et-Loir, a été déposé auprès de la Ducsai (1) mais il reste jusqu’à ce soir aux candidats pour se faire connaître. Dans un mois et demi, le gouvernement désignera l’élue. On n’ose dire l’heureuse élue tant le dossier a pu diviser et divise encore les populations concernées et leurs représentants politiques. Car si un aéroport est un atout pour l'économie et l'emploi (30 à 40.000 emplois directs et indirects sont espérés), il est aussi synonyme de nuisances sonores et de dépréciation des biens immobiliers.
Officiellement, les dernières consultations menées par la Ducsai doivent aussi permettre de dire si ce nouvel aéroport est bien indispensable. Dans les faits, sa construction semble acquise. Le gouvernement préconise néanmoins le développement en parallèle des aéroports régionaux et du TGV. Les experts estiment que le train récupérerait seulement 10 millions de passagers et la moitié pour les plates-formes de province, sur les 140 millions qui transiteront dans les aéroports parisiens en 2020.
Le gouvernement avait sélectionné trois régions en octobre dernier : Centre, Champagne-Ardenne, Picardie. Pour l'instant, deux villes ont déclaré officiellement leur candidature: Vatry et Beauvilliers, dans la région Centre, qui avait été retenue en 1996 par le gouvernement d'Alain Juppé avant que le projet ne soit gelé. D’autres sites ont été pressentis, mais la Ducsai n’a pas encore reçu de dossiers. En Picardie, Chaulnes (Somme), Montidier (Somme), Juvincourt-Amifontaine (Aisne), Courboin - Château-Thierry (Aisne) et Rouvillers (Oise) ont été cités. En Champagne-Ardenne, Bazancourt (Marne) a été évoqué. |
(1) Prise en charge par le président de la Commission nationale du débat public, Pierre Zemor, la Ducsai est la Démarche d'utilité concertée pour un site aéroportuaire international.
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