© INTERNEA l'hôpital de Fourvière, à Lyon, les services de gériatrie fonctionnement bon an, mal an durant la période estivale en embauchant des élèves infirmières en dernière année. "Les conditions de travail sont très difficiles. En ce moment j'ai une infirmière qui est en congé de maladie et les agences intérim sont incapables de me trouver quelqu'un... Cela fait longtemps qu'on ne reçoit plus de candidatures spontanées", explique Catherine Lahy, assistante de la direction du personnel de cet hôpital parapublic. Avec 36 infirmières pour 150 lits en long séjour et 100 en court séjour, les services "tournent relativement bien." Mais avec la rentrée scolaire, la situation risque de devenir beaucoup plus critique, et Mme Lahy accuse le gouvernement de "gérer la crise un peu tard alors qu'il aurait été si facile de la prévoir."
Le problème tient dans une simple équation : le nombre de nouvelles infirmières sorties des écoles est inférieur au nombre d'anciennes parties à la retraite ou avant terme pour élever leurs enfants. "Les nouvelles diplômées n'arriveront sur le marché du travail qu'à la fin décembre. D'ici là, il va falloir qu'on se débrouille pour joindre les deux bouts", explique Daniel Bonjean, à la direction des affaires sociales des Auspices de Lyon. Responsable du recrutement dans une quinzaine d'établissements publics, il estime que la situation serait stabilisée si 70 emplois permanents et autant d'emplois de remplacement été créés. Un objectif fixé pour 2003/2004.
Primauté pour la formation
A court terme, le ministère veut pallier cette pénurie de personnel en lançant dès septembre une campagne à destination des infirmières qui ont décidé pour raisons personnelles de cesser de travailler (50 000 personnes en France sont concernées). Mais cette mesure ainsi que la possibilité de recruter au sein d'un "contingent de 8000 infirmières espagnoles au chômage", laisse les professionnels sceptiques. "Ces demi-mesures ne sont pas de vraies solutions. De toutes façons, ce ne sont pas des embauches supplémentaires qui règleront la situation : le véritable problème, c'est la formation", défend Sadia Djouahara, infirmière depuis 30 ans et responsable dans une clinique d'Annonay de la formation "pour une meilleure qualité des soins". Cette passionnée milite pour la défense de sa profession et "la philosophie" qui la sous-tend : aide de l'autre et don de soi
Depuis quelques années, le métier d'infirmière a évolué, devenant "plus technique et responsabilisant." Pour Daniel Bonjean, les professionnels de la santé doivent réfléchir à long terme à rendre ce métier plus attractif, "en favorisant de vraies carrières professionnelles et en diversifiant les formations." Si un effort important reste à faire, il se veut rassurant et affirme que le mouvement actuel n'a rien à voir avec la crise des dernières années. En attendant, il rappelle avec sagesse: " Il n'y a jamais de solution miracle".
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