© INTERNE"L’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, le Chili, l’Argentine, l’Afrique du Sud : la déferlante des vins du Nouveau Monde va-t-elle naufrager la viticulture du Vieux Continent ?" Ainsi commence le rapport de Jacques Berthomeau, consultant pour le ministère de l’Agriculture. Cette étude, commandée par Jean Glavany, ministre de l’Agriculture, et remise la semaine dernière, entend démontrer que la viticulture française doit s’organiser pour éviter de sombrer à l’exportation.
Producteurs peu scrupuleux
Les chiffres sont en effet éloquents : les exportations entre 1999 et 2000 ont baissé de 30% pour les vins de Bourgogne, de 22% pour les vins du Val de Loire et de 17% pour le Beaujolais. En Grande-Bretagne, la part de marché des vins français a fortement chuté depuis dix ans, passant de 49% en 1990 à 22% en 2000. "Il s’agit surtout des vins produits en grande quantité et de milieu de gamme (15 à 35 francs) qui sont concernés, explique Jacques Berthomeau. Confrontés à une surproduction et surtout à une concurrence accrue, ce sont eux qui perdent des parts sur les marchés étrangers".
Adopter des techniques de marketing modernes, voilà ce que préconise le rapport. Les vins français manqueraient de lisibilité. Pour le consultant, le marketing est aussi une histoire de goût. "Nous manquons de rigueur, déplore Jacques Berthomeau. Que l’on produise 5 ou 10 millions de bouteille, il faut que le vin ait un goût identique". Ce qui ne semble pas toujours être le cas. Certains producteurs peu scrupuleux, sous couleur de la notoriété des vins français, n’hésitent pas à procéder à certains mélanges peu catholiques.
50 milliards de francs d'excédent commercial
Une marque est un support fondamental. Elle apporte garantie, qualité et constance aux consommateurs. "Les moyens à mettre en œuvre pour un meilleur marketing ? Déjà, mieux gérer la productivité pour réinvestir dans la publicité, suggère Jacques Berthomeau. Ensuite, tout est affaire de promotion". Une publicité que le rapporteur espère venir des producteurs mais aussi du gouvernement. Dans un pays comme l’Angleterre par exemple la publicité pour l’alcool est permise. Là, aucun barrage pour adopter une stratégie marketing plus agressive. "L’enjeu est important pour l’économie française, assène le consultant. Il ne faut pas oublier que le vin est à l’origine chaque année de 50 milliards de francs d’excédent commercial".
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