© INTERNEEn qualifiant les attentats d’"actes de guerre", le Président Bush a ouvert la voie à une indemnisation partielle des dommages humains et matériels par l’Etat américain. Ce qui pourrait soulager l’ardoise des assureurs et réassureurs (les assureurs d’assureurs, ndlr). En effet, les polices d'assurances, à quelques exceptions près, ne prennent pas en charge les risques de guerre.
Habituellement, on interprète la clause comme "une guerre déclarée entre nations", ce qui, d’après les premiers éléments de l’enquête, n’est pas le cas. Toutefois, Denis Kessler évoquait mardi déjà une autre lecture : "Un assureur traite parfaitement les catastrophes naturelles, les incendies, les événements statistiques… mais là ça ne relève pas de l’aléa, nous sommes dans la volonté délibérée de détruire, c’est un acte de guerre", a-t-il estimé.
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Quoiqu’il en soit, assureurs et réassureurs seront largement sollicités pour l’indemnisation des dégâts. Le président des AGF, Jean-Philippe Thierry, s’est exprimé au nom de tous ses collègues pour assurer qu’ " ils assumeraient toutes leurs responsabilités".
Les estimations des pertes définitives devront prendre en compte notamment la destruction des deux tours jumelles et des propriétés appartenant aux entreprises s'y trouvant, les pertes d'activités des sociétés et les coûts de transfert des entreprises. Assureurs et réassureurs supporteront surtout le coût humain des attentats. Les Etats-Unis ne connaissent pas de système d’indemnisation comparable au fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme dont la France s’est dotée en 1986. Les indemnités aux familles risquent donc de se négocier au cas par cas devant les tribunaux.
Les premières estimations du coût global des attentats se situent entre 20 et 40 milliards de dollars, selon la compagnie britannique d'assurance Lloyds, citée par l'hebdomadaire français l'Argus des Assurances sur son site Internet. L’agence de notation Moody’s parle quant à elle de 10 à 15 milliards de dollars. Une estimation que reprend à son compte le réassureur français Scor mais uniquement pour les deux tours du World Trade Center : bâtiment, perte d’exploitation, responsabilité civile. Il faut ajouter à cela l’indemnisation des buildings voisins du WTC, le bâtiment du Pentagone et le coût des 4 avions estimés chacun à une centaine de millions.
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L’explosion de la plate-forme pétrolière Piper Alpha, au large des côtes britanniques, avaient coûté 3 milliards de dollars, soit à peu près 20 milliards de francs français. Le désastre d'origine humaine le plus coûteux aux Etats-Unis était jusqu'ici les émeutes de Los Angeles de 1992 qui avaient représenté des pertes assurées de 775 millions de dollars, soit près de 5,5 milliards de francs. Le précédent attentat de 1993 contre le World Trade Center avait provoqué des pertes assurées de 510 millions de dollars, soit près de 3,5 milliards de francs. En 1995, l’explosion criminelle à Oklahoma City d’un bâtiment fédéral s'était traduit par des pertes de 125 millions de dollars, soit plus de 800 millions de francs. |
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