© INTERNEOussama ben Laden, soupçonné d’être le commanditaire des attentats du 11 septembre, a-t-il profité du chaos sur les marchés pour s’enrichir ? Plusieurs courtiers ont relevé des mouvements suspects sur des valeurs comme l’or, le pétrole ou les actions des compagnies d’assurances, du transport aérien, du luxe et de la communication les jours précédant les attentats.
L’enjeu n’est pas tant de démontrer que ben Laden s’est (encore) enrichi pendant la catastrophe, que de prouver qu’il savait que des attentats allaient avoir lieu et qu’ils allaient frapper l’économie mondiale en son cœur : le World Trade Center. Le quotidien italien Corriere della Serra croit savoir que l’ennemi numéro des Etats-Unis aurait utilisé les services d’une société de courtage installée à Milan pour opérer sur les marché financiers européens.
Mouvements suspects sur AXA
Les autorités boursières japonaise et occidentales prennent très au sérieux l’hypothèse selon laquelle le milliardaire aurait pu engranger des gains sur des contrats à terme concernant les marchés boursiers et le marché des changes. "Notre division chargée de l'application des règles boursières examine plusieurs mouvements sur les marchés qui pourraient être liés à ces actes horribles, y compris ceux qui font l'objet de rumeurs", a indiqué hier Harvey Pitt, le président de la Commission des opérations en bourse américaine (SEC). Selon ces rumeurs, les prises de position comprenaient des opérations à découvert qui permettent à un courtier de bénéficier d'une baisse des cours en empruntant les titres alors qu'ils sont à un niveau élevé et de les restituer lorsque leur cours est inférieur.
L’autorité boursière italienne Consob, la BAWe allemande et, dernièrement, la Cob française ont indiqué qu’elles recherchaient des mouvements anormaux de cours dans les heures ou les jours qui ont précédé l’attaque sans pour autant enquêter formellement. Dans l’Hexagone, les spécialistes se concentrent à la demande de l’assureur lui-même sur le titre Axa qui a perdu 10% peu avant les attentats.
Un réseau tentaculaire
Toute la difficulté sera de remonter du courtier à son patron, ben Laden. Une enquête franco-américaine menée depuis 1997 tente de démonter le réseau financier inextricable du milliardaire. A côté d’un front islamique international financé par des sympathisants, le leader isalmiste est soupçonné de contrôler personnellement plusieurs sociétés d’importance à partir de sa retraite afghane.
Officiellement, le groupe fondé par son père en 1931, le Saudi ben Laden Group (SBG), a rompu tout lien avec l’ennemi numéro 1 des Etats-Unis. Mais les experts doutent qu’il en soit ainsi. Contrôlée uniquement par la famille ben Laden, SBG est à la tête d’une nébuleuse financière dont les tentacules s’étendent d’Arabie Saoudite à la plupart des paradis financiers de la planète. Toute l’attention des enquêteurs se porte en ce moment vers le Luxembourg, la Suisse, Monte-Carlo et Chypre où la famille Ben Laden aurait des intérêts.
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