La croissance est entre les mains des militaires américains

Par D.S. , le 14 septembre 2001 à 00h00 , mis à jour le 13 septembre 2001 à 18h38

Les responsables économiques et financiers ont pu éviter dans l’immédiat un écroulement de l’économie mondiale. Ils s’échinent à maintenir la confiance des consommateurs, principal moteur de la croissance. Les analystes ont déjà revu leurs prévisions à la baisse tant pour les Etats-Unis que pour l’Europe. L’avenir dépend de l’ampleur de la réplique des Américains.

[Expiré] [Expiré] F18 Hornets USS Dwight Eisenhower avion chasseur américain © AFP

Malgré la sérénité affichée des grands argentiers de la planète, malgré les injections de liquidités sur les différents marchés, rares sont ceux qui s’avancent à écarter le risque d’une récession mondiale. Tout repose sur le comportement des ménages, et principalement des ménages américains. S’ils doutent, s’ils se replient sur eux, s’ils arrêtent de consommer, le système américain, qui était parvenu à se maintenir la tête hors de l’eau, plongera. Et il serait présomptueux d’affirmer que les économies européennes ne perdraient pas des plumes.

Le tout est donc pour les différents responsables d’intervenir suffisamment pour maintenir les marchés, sans pour autant faire paniquer les consommateurs. Ainsi, nul ne s’est aventuré jusqu’à présent à assouplir ses taux, ce qui constitue pourtant le complément naturel d’une injection d’argent frais dans la machine économique. Un à un, chefs de gouvernement et ministres de l’Economie ont affirmé que les économies passeraient la cap.

"Nous ne devons pas laisser les terroristes ajouter au carnage des morts l'affaiblissement de l'économie mondiale", a déclaré Laurent Fabius, le ministre français de l’Economie. "Au total, il est bien sûr encore difficile de mesurer toutes les conséquences prévisibles mais il est certain, en concertation avec nos partenaires européens, que la France maintiendra activement le cap vers l'emploi, la croissance et la solidarité", a affirmé le ministre.

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Les économistes, eux, ne prennent pas ces précautions d’usages. La plupart ont déjà révisé leurs prévisions à la baisse pour 2001 et 2002. "Je pense que nous aurons très certainement une croissance négative au quatrième trimestre aux Etats-Unis", pronostique Norbert Walter, chef économiste de la Deutsche Bank. Le Bureau d’informations et de prévisions économiques n’hésite pas à prédire une récession aux Etats-Unis (-0,5%) en 2002, ce qui ferait tomber la croissance de la zone euro dans une fourchette de 1,3% à 1,8%. Pour la France, la croissance pour cette année est généralement fixée à 2%, contre 2,5% il y a peu. Seul Laurent Fabius semble encore croire à un taux de 2,3% en 2001. Le gouvernement prédt même une croissance de 2,5% en France l'année prochaine.

En réalité, tous ces pronostics dépendent de la nature et de l’ampleur de la réplique des Etats-Unis. La croissance américaine ne résisterait probablement pas à une réponse militaire de grande ampleur, surtout si elle devait durer plusieurs jours. Encore cela mérite-t-il d’être nuancé : de futures dépenses publiques dans le domaine de la sécurité ou de l’armement pourraient atténuer la frilosité de la consommation.

Par D.S. le 14 septembre 2001 à 00:00
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