© AFPMalgré la sérénité affichée des grands argentiers de la planète, malgré les injections de liquidités sur les différents marchés, rares sont ceux qui s’avancent à écarter le risque d’une récession mondiale. Tout repose sur le comportement des ménages, et principalement des ménages américains. S’ils doutent, s’ils se replient sur eux, s’ils arrêtent de consommer, le système américain, qui était parvenu à se maintenir la tête hors de l’eau, plongera. Et il serait présomptueux d’affirmer que les économies européennes ne perdraient pas des plumes.
Le tout est donc pour les différents responsables d’intervenir suffisamment pour maintenir les marchés, sans pour autant faire paniquer les consommateurs. Ainsi, nul ne s’est aventuré jusqu’à présent à assouplir ses taux, ce qui constitue pourtant le complément naturel d’une injection d’argent frais dans la machine économique. Un à un, chefs de gouvernement et ministres de l’Economie ont affirmé que les économies passeraient la cap.
"Nous ne devons pas laisser les terroristes ajouter au carnage des morts l'affaiblissement de l'économie mondiale", a déclaré Laurent Fabius, le ministre français de l’Economie. "Au total, il est bien sûr encore difficile de mesurer toutes les conséquences prévisibles mais il est certain, en concertation avec nos partenaires européens, que la France maintiendra activement le cap vers l'emploi, la croissance et la solidarité", a affirmé le ministre.
La récession menace les Etats-Unis
Etats-Unis", pronostique Norbert Walter, chef économiste de la Deutsche Bank. Le Bureau d’informations et de prévisions économiques n’hésite pas à prédire une récession aux Etats-Unis (-0,5%) en 2002, ce qui ferait tomber la croissance de la zone euro dans une fourchette de 1,3% à 1,8%. Pour la France, la croissance pour cette année est généralement fixée à 2%, contre 2,5% il y a peu. Seul Laurent Fabius semble encore croire à un taux de 2,3% en 2001. Le gouvernement prédt même une croissance de 2,5% en France l'année prochaine.En réalité, tous ces pronostics dépendent de la nature et de l’ampleur de la réplique des Etats-Unis. La croissance américaine ne résisterait probablement pas à une réponse militaire de grande ampleur, surtout si elle devait durer plusieurs jours. Encore cela mérite-t-il d’être nuancé : de futures dépenses publiques dans le domaine de la sécurité ou de l’armement pourraient atténuer la frilosité de la consommation.
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