Emploi et baisse d'impôts malgré tout

Par D.S. , le 18 septembre 2001 à 14h08 , mis à jour le 18 septembre 2001 à 14h22

Pour maintenir la confiance des ménages, le gouvernement a décidé de poursuivre la baisse des impôts entamée l’an dernier et de doubler la prime pour l’emploi. Le fléchissement de la croissance lui impose une ponction dans les caisses de divers organismes d’Etat. Mais le budget présenté aujourd’hui ne tient pas compte des attentats.

Laurent Fabius © INTERNE

"Ce budget est à la fois réaliste et volontaire", a estimé Laurent Fabius aujourd’hui alors qu’il venait de présenter son projet pour 2002 à la commission des Finances. "Réaliste, parce qu'il faut tenir compte des incertitudes de  l'environnement général ", a admis le ministre des Finances. "Volontaire, parce qu'il faut se donner les moyens  pour surmonter ces difficultés", a-t-il ajouté.

Côté dépenses, priorité est donnée à l’emploi, la sécurité et l’éducation. " Les budgets concernés progresseront en 2002 deux fois plus vite que les autres", indique un communiqué gouvernemental. Le projet prévoit la création de 15.000 emplois dans les services publics de l’Etat, dont 3000 postes pour la Police nationale, 1000 pour la gendarmerie, 3000 pour la justice et 7700 pour l’éducation. Les dépenses de l’Etat augmenteront au total de 0,5% en volume à 266 milliards d’euros (env. 1745 milliards de francs).

Doute sur les recettes

Dans le budget de l’emploi, plus de 3 milliards d’euros (env. 19,6 milliards de francs) seront consacrés au programme emplois-jeunes, afin que 400.000 jeunes soient engagés à la fin 2002. Les personnes le plus en difficulté recevront une aide de l’Etat majorée, tandis que 120.000 jeunes bénéficieront du programme Trace.

Côté recettes, le gouvernement aura plus de difficultés encore à convaincre ses opposants qui lui reprochent des prévisions de croissance et d’inflation trop optimistes, notamment sur les répercussions des attentats aux Etats-Unis. Ainsi Bercy maintient-il sa prévision de croissance de 2,3% pour cette année (avec la possibilité d'un "point bas" à +2,1%) et de 2,5% pour l'année prochaine. L’inflation serait de 1,5% hors tabac en 2002.

Augmentation des recettes non fiscales

En poursuivant son vaste plan d'allègements d'impôts sur trois ans entrepris l'année dernière et en doublant la prime pour l’emploi, le gouvernement veut visiblement maintenir la consommation des ménages. Outre ces décisions, le projet comprend deux mesures en faveur des organismes de logement social et une incitation à la location de logements aux personnes les plus modestes. Enfin, pour satisfaire le partenaire écologiste, Bercy présente "un paquet fiscal" d'environ 40 millions de francs (6 millions d’euros) en instaurant deux crédits d’impôt " verts ".

Diminutions d’impôts, infléchissement de la croissance et dépenses supplémentaires, Laurent Fabius est contraint d’augmenter les recettes non fiscales d'un peu moins de 20%, soit 37,4 milliards de francs. Caisse des Dépôts et Consignations, Cades (Caisse d'amortissement de la dette sociale), Unedic sont autant d’organismes peu connus du public, dans lesquels l'Etat puise chaque année discrètement des dizaines de milliards de francs. De quoi porter le montant de ces recettes à 229 milliards en 2002. Nouveauté, EDF-GDF sera mis à contribution pour boucler le budget, la première à raison de 6,5 milliards de francs (1 milliard d'euros) et la seconde pour 1,3 milliard de francs (200 millions d'euros).

Par D.S. le 18 septembre 2001 à 14:08
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