© INTERNEIl a fallu au ministre de l'Economie et des Finances, Laurent Fabius, beaucoup de talent pour "vendre" ce matin au conseil des ministres son projet de budget 2002 et répondre aux critiques de l'opposition. Ce budget de l'année de la présidentielle arrive à un mauvais moment : les attentats suicides aux Etats-Unis ont obscurci la visibilité économique, il y a moins d'argent dans les caisses de l'Etat et le chômage repart à la hausse.
Le ralentissement de la conjoncture internationale a déjà contraint Laurent Fabius à fixer un déficit budgétaire plus élevé que prévu à 200 milliards de francs pour 2002 et un déficit révisé en hausse de 186 milliards à 210 milliards pour 2001. Toutefois, ce budget ne tient pas compte de l'impact des attentats sur les économies américaine, européenne et française. Il en va de même pour les prévisions d’inflation. Ainsi Bercy table-t-il sur une croissance de 2,3% pour cette année et de 2,5% pour l'année prochaine. L’inflation serait de 1,5% hors tabac l'an prochain.
Baisses d'impôts
En poursuivant son vaste plan d'allègements d'impôts sur trois ans entrepris l'année dernière et en doublant la prime pour l’emploi, le gouvernement veut visiblement maintenir la consommation des ménages. Outre ces décisions, le projet devrait comprendre deux mesures en faveur des organismes de logement social et une incitation à la location de logements aux personnes les plus modestes.
Enfin, pour satisfaire le partenaire écologiste, Bercy présente "un paquet fiscal" d'environ 40 millions de francs (6 millions d’euros). Ainsi, le crédit d'impôt pour l'achat d'un véhicule propre passerait de 10.000 F à 15.000 F, à condition d’avoir mis à la casse une voiture immatriculée avant le 1er janvier 1992. Les dépenses d'isolation thermique et de régulation de chauffage seraient prises en compte dans le crédit d'impôt pour dépenses de gros équipement.
EDF mis à contribution
Diminutions d’impôts, infléchissement de la croissance et dépenses supplémentaires, Laurent Fabius est contraint d’augmenter les recettes non fiscales de 20%, soit 40 milliards de francs. Caisse des Dépôts et Consignations, 1% logement, Cades (Caisse d'amortissement de la dette sociale), Fisac (Fonds de soutien à l'artisanat), sont autant d’organismes peu connus du public, dans lesquels l'Etat puise chaque année discrètement des dizaines de milliards de francs. De quoi porter le montant de ces recettes à 229 milliards en 2202. Nouveauté, EDF et GDF devraient êtres mises à contribution pour quelque 6 milliards de francs.
Le groupe Démocratie libérale de l'Assemblée nationale a estimé que ce budget ne reflétait pas la réalité économique et a demandé le report de sa présentation pour tenir compte de "la nouvelle donne internationale". Philippe Auberger, porte-parole du RPR lors du débat budgétaire, a pour sa part qualifié le budget 2002 de "totalement irréel". Selon lui, la prévision de croissance de 2,5% pour 2002 qui "était irréaliste avant mardi dernier, est encore plus irréaliste depuis mardi dernier".
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