© INTERNEHôpitaux versus Etat, round 2. Pour la seconde fois en dix jours, les syndicats de la fonction publique hospitalière rencontrent aujourd’hui la ministre de la Solidarité Elisabeth Guigou et le ministre de la Santé Bernard Kouchner pour négocier les conditions de passage aux 35 heures dans ce secteur. Le 30 août dernier, la ministre avait annoncé la création de 40.000 emplois sur trois ans. Mais cette promesse n’avait pas du tout apaisé les esprits du côté syndical où le nombre de 45.000 embauches fut un temps présenté comme la condition minimale à la poursuite des négociations.
A l'issue de cette séance initiale qui a abordé quatre des dix points du projet de texte de réglementation, les syndicats ont logiquement indiqué qu'ils maintenaient leur mot d'ordre de mobilisation nationale pour le 20 septembre, "en l'état actuel des propositions et dans l'attente de nouvelles avancées". Le second désaccord porte sur l'inscription d'une durée annuelle de 1600 heures de travail, conformément au décret Sapin sur la Fonction publique, au lieu des 1540 heures déjà appliquées aux hospitaliers de nuit. Ces derniers appliquent en effet le système des 35 heures depuis 1994.
Une troisième réunion prévue
Se montrant de bonne composition, la ministre avait pris soin de déclarer qu'elle ferait de nouvelles propositions une semaine plus tard. Et, par précaution, une troisième réunion est déjà fixée au 12 septembre, avec l'espoir qu'elle sera "conclusive pour un cadrage national".
Plus intransigeante, la Coordination Priorité Santé a réaffimé cette semaine son "opposition totale" au projet de texte. "Nous sommes en opposition totale avec ce texte incroyable et nous ne comprenons pas que des organisations syndicales représentatives osent négocier un tel projet", a déclaré Erick Rabette, président de la Coordination. "Au lieu d'un ballon d'oxygène, on nous envoie du gaz carbonique", a poursuivi M. Rabette, annonçant "en cas de signature" de ce texte "un mouvement dans les hôpitaux aussi dur sinon plus dur que ceux de 1988 et de 1991" menés par cette même coordination.
Pour M. Rabette, les 40.000 postes annoncés le 30 août par Mme Guigou sont "impossibles à pourvoir". Le responsable de la coordination, qui revendique 3000 adhérents, a proposé des "mesures simples" comme "l'embauche immédiate de 15 à 20.000 demandeurs d'emplois" qui seraient affectés à des "tâches non qualifiées" et permettraient de "libérer les salariés en CDD".
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