© INTERNELa nouvelle est tombée comme un couperet, depuis hier soir, France Telecom est exclue du prestigieux Stoxx 50, l'indice regroupant les 50 valorisations boursières les plus importantes de la zone euro, la Suisse et l'Angleterre. Impensable il y a encore un semestre, le titre que tous les professionnels portaient aux nues n'a cessé de chuter en bourse perdant au passage plus de 76% de sa valeur en un an.
Les analystes sont-ils coupables ?
La baisse des marchés en général et la chute dramatique des valeurs technologiques en particulier met une fois de plus les analystes sous les projecteurs des médias. Les actionnaires individuels qui ont vu fondre leurs économies les soupçonnent des pires turpitudes : manipulations des informations sur les entreprises recommandées, conseils à l'achat dans presque tous les cas de figure. Le Financial Times rapporte ainsi le cas de Merryl Lynch un des grands de la planète financière qui a préféré payer 400 000 dollars à un client qui attaquait un de ses analystes star, Henry Blodget, plutôt que de poursuivre une lutte hasardeuse devant les juges.
Les institutionnels, principaux clients des bureaux d'analyses des opérateurs financiers n'hésitent plus à menacer de poursuites pénales en cas de litige. Réagissant à ce contexte pour le moins négatif, le groupe HSBC a lancé un pavé dans la mare financière en annonçant des mesures destinées à clarifier les processus de décision de ses équipes d'analyse et de recherche. Désormais, chez HSBC, les analystes sont priés de mettre au rebut les mots neutre, conserver (hold), pas assez explicites. Plutôt que d'estimer une performance d'un titre par rapport à un marché, on leur demande une analyse sectorielle (ex : les valeurs aéronautiques) plus fine, et un engagement clair. Qu'on se le dise les analystes devront de plus en plus émettre des recommandations à l'achat, mais surtout à la vente, ces dernières étant une denrée rarissime dans le système actuel. Les analystes qui avaient la fâcheuse tendance de détenir des titres d'entreprises appartenant à leur secteur de prédilection devront également faire attention. Les organismes de surveillance comme la SEC aux Etats-Unis, ou la Cob et le CMF en France, regardent de très près les recommandations émises lors d'introduction, et gare aux petits malins qui recommandent à l'achat des valeurs qu'ils ont eux même en portefeuille pour empocher de juteuses plus-values.
La transparence est le maître mot, et il faudra au moins cela pour ramener la confiance des actionnaires. Il ne reste plus qu'à espérer que les banques d'affaires majeures suivent l'exemple donné par HSBC.
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