© INTERNEVraiment, on ne peut plus réfléchir en paix ! Le Quotidien du pharmacien (QP) a publié hier un document interne du Medef, le syndicat des patrons, suggérant d'abolir le monopole de distribution des médicaments par les pharmaciens et de supprimer les officines. Embarrassée par cette fuite, l’organisation patronale s'est déclarée "non engagée" par un texte qui constitue, selon elle, "une simple piste de réflexion parmi d’autres".
Il reste que le document publié par le quotidien fait des propositions précises et chiffrées. Ce texte aurait été élaboré par des administrateurs de caisses d'assurance maladie appartenant au Medef, et a pour but la réalisation d'économies de l'ordre de "35 à 46 milliards de francs (6,10 milliards d'euros) annuels".
Intitulé "propositions pour une refondation de l'assurance maladie", le document dénonce, selon QP, le poids financier "écrasant" de la pharmacie dans l'économie de la santé (115 milliards de francs), les "marges bénéficiaires" des pharmaciens (30%), leur "monopole de distribution" et leurs conséquences : une "surconsommation de l'ordre de 30%" des médicaments en France. Préconisant la liberté des prix du médicament et la suppression de ce monopole, les auteurs du document optent pour la disparition du circuit officinal.
"Modérément surpris"
Enfin, le document qui suggère la "distribution des médicaments sans intermédiaire dans le cadre du réseau de l'organisme gestionnaire" de l'assurance maladie, chiffre même l'indemnisation (5 millions de francs, 0,76 million d'euros, en moyenne) à verser aux 20.000 pharmaciens en contrepartie de leur disparition.
"Puisqu’il ne s’agit que d’une note de travail non avalisée par le Medef, j’attendrai qu’il se détermine et surtout qu’il nous fasse part des autres pistes qu’il étudie", s’est contenté de répondre à tf1.fr Bernard Capdeville, le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France. "Après la nationalisation et l’américanisation du système, je suis modérément surpris d’un tel projet", nous a-t-il avoué. "Bien au-delà de la question des pharmaciens, c’est de la privatisation de l’Assurance maladie dont il est question là", a-t-il néanmoins tenu à rappeler.
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