© INTERNEDepuis le début de matinée, les files de voitures s'allongent aux abords des stations-service de la Promenade des Anglais à Nice. Plusieurs centaines d'automobilistes redoutant une pénurie de carburant après les attentats commis aux Etats-Unis sont venus remplir leurs réservoirs. Face cette "psychose", Stéphane Mazzilli, pompiste, est amusé: "ils peuvent venir, tous les camions d'approvisionnement sont programmés pour la semaine". Même scénario dans plusieurs villes de la Côte d’Azur.
Pas de quoi paniquer à en croire les experts. Après une augmentation soudaine du prix du brut à l’annonce de la catastrophe, les cours se sont repliés ce matin. Le cours du pétrole Brent est redescendu mercredi matin à Londres, à 28,5 dollars le baril, après s'être envolé la veille au dessus des 31 dollars juste après les attentats.
Prix stable mais relativement élevé
L'Organisation des pays exportateurs de pétrole, regroupant les principaux producteurs du Moyen Orient dont l'Irak et l'Iran, a confirmé le plus vite possible et sans ambiguïté hier son caractère commercial et apolitique. A mille lieux de brandir l'arme pétrolière qui avait mis à genoux l'économie occidentale dans les années 70. L'Afghanistan, montré du doigt pour son soutien au suspect numéro un des attentats, Oussama Ben Laden, ne produit d'ailleurs pas une goutte de pétrole.
Le prix du baril devrait rester "relativement élevé mais il faudrait des bouleversement géopolitiques extrêmement graves pour que la hausse se poursuive", relève Antoine Leurent, analyste de KBC Securities. Les Etats-Unis, dont les réserves en brut et produits pétroliers peinent à se reconstituer, dépendent largement du flux de pétrole en provenance du Moyen-Orient.
La demande pourrait se comprimer
Certes, "beaucoup de maisons de trading ont été décapitées car de nombreuses firmes étaient situées dans le World Trade Center mais ces sociétés existent toujours ailleurs. D'autre part, les attentats ne peuvent avoir d'impact aujourd'hui sur le marché physique du pétrole", souligne Olivier Appert, analyste de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). "Il y a bien sûr des réactions psychologiques bien compréhensibles sur le marché financier mais, sur le marché physique, il y a une grande inertie. Les cargaisons partant actuellement du Moyen-Orient arriveront en Asie ou en Occident dans 3 semaines", poursuit-il.
Les observateurs attendent la réaction des Etats-Unis. En cas de riposte militaire, comparable à celle de la guerre du Golfe, l’offre en brut pourrait souffrir. Mais l’hypothèse reste peu probable. "Si le marché croyait au déclenchement d'hostilités à grande échelle, le prix du brut se serait envolé largement au-dessus des 40 dollars", estime Pierre Terzian, directeur de l'hebdomadaire spécialisé Pétrostratégies. La demande en brut pourrait fléchir plus sérieusement car elle dépend en partie du moral des consommateurs.
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