La RTT dans le public menace les cliniques privées

Par , le 06 septembre 2001 à 00h00 , mis à jour le 05 septembre 2001 à 16h44

Deux jours avant la deuxième rencontre entre les ministres de la Solidarité et de la Santé et les huit syndicats de la fonction publique hospitalière, la Fédération de l’hospitalisation privée a condamné la création de 40.000 emplois dans le public.

dos infirmiere couloir hopitaux © INTERNE

Si l’annonce de la création de 40.000 emplois dans la fonction publique hospitalière ne satisfait pas les syndicats, elle inquiète tout autant la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP). Mais pour des raisons inverses. Max Ponseillé, son président, craint que ces embauches aient un effet de "gigantesque pompe aspirante" sur les effectifs du privé.

Partant du principe que la France manque cruellement d’infirmières et qu’ "il n’y aura pas, dans les trois prochaines années, 40.000 professionnels de la santé formés recherchant un emploi", la FHP redoute qu’il y ait "40.000 transferts d’emplois de l’hospitalisation privée vers l’hospitalisation publique", où les salaires sont de 15 à 30% plus élevés que dans le privé. La saignée a déjà commencé, estime la fédération.

L'effet d'annonce

Ainsi, une clinique de Périgueux en Dordogne doit-elle déplorer aujourd’hui le départ de "12 membres de son personnel partis travailler à l’hôpital public voisin dès l’annonce de la ministre". " Douze personnes, c’est une service complet qui disparaît", explique Alain Coulomb, le délégué général de la FHP. Et, cela, sur un simple "effet d’annonce", précise-t-il, car ces emplois sont encore "virtuels".

Pour maintenir l’égalité entre les deux secteurs, la FHP réclame du gouvernement un "accompagnement économique de l’effort social" de l’ordre de 6 milliards de francs. Cette somme, proportionnelle à celle dont a bénéficié le public, devrait servir à "l’élaboration d’une convention collective ambitieuse" d’ici la fin de l’année. "Nous avons effectué le passage aux 35 heures, sans aucune mesure d’accompagnement", a rappelé Max Ponseillé qui précise : "Nos personnels ont les mêmes diplômes, exercent les mêmes métiers, subissent les mêmes contraintes : ils méritent le même traitement. " "Le gouvernement doit nous mettre en situation de pouvoir rémunérer notre personnel", explique Alain Coulomb.

"Aujourd’hui, plus de la moitié de nos établissements sont dans une situation financière périlleuse et déjà plus de 400 d’entre eux ont disparu lors des restructurations qui ont concerné près de 1000 cliniques", a poursuivi le délégué général de FHP. "De multiples fermetures d’établissements s’annoncent qui auront des répercussions graves sur tous les autres, privés ou publics", a poursuivi Max Ponseillé, soulignant que le gouvernement "remettait fondamentalement en cause la liberté de choix à laquelle les Français tiennent beaucoup"


Un secteur privé d’utilité publique

Avec 1300 établissements, l’hospitalisation privée représente un tiers des hôpitaux de France, 130.000 salariés dont un quart d’infirmières et 30.000 médecins. Plus de 6 millions de patients y sont traités chaque année. La moitié des interventions chirurgicales et 40% des accouchements y sont réalisés.
        

Par David Straus le 06 septembre 2001 à 00:00
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