© INTERNEDepuis jeudi soir, l’annonce était attendue. Pour tous les salariés de Moulinex, elle n’en constitue pas moins un choc. Ce vendredi, à l’issue d’un conseil d'administration qui devait statuer sur le financement du groupe, étranglé par ses dettes (766 millions d'euros au 31 décembre 2000), le Pdg de Moulinex-Brandt, Patrick Puy, a annoncé le dépôt de bilan de l'entreprise. La société El.Fi, qui possède 74,3% du capital de Moulinex-Brandt, était censée apporter environ 100 millions d'euros, aux termes d'un protocole d'accord conclu le 24 août ; mais vendredi, le groupe italien a refusé de financer le plan de restructuration.
Le tribunal de commerce de Nanterre a mis le groupe en redressement judiciaire pour une période de six mois pendant laquelle des solutions ou des repreneurs devront être trouvés. Deux administrateurs judiciaires ont été nommés aux côtés du Pdg Patrick Puy, maintenu dans ses fonctions. Cette procédure entraîne la suspension du plan de restructuration, annoncé fin avril et prévoyant la suppression de 4.000 emplois, dont 1.500 en France, et la fermeture de six usines, dont trois en France.
"L'Etat ne se dérobera pas"
Peu après l’annonce de ce dépôt de bilan, au départ vu par beaucoup comme synonyme de liquidation, nombre de salariés de Moulinex en grève ont décidé de reprendre le travail dès lundi. Leur espoir repose désormais sur un éventuel repreneur ; et pour ne pas décourager les candidatures, mieux vaut donner du groupe la meilleure image possible. Le Pdg de Moulinex juge d’ailleurs qu'"il y a aujourd'hui manifestement des tas de possibilités de reprise totale ou partielle", car "Moulinex et Brandt sont des joyaux qui susciteront de l'intérêt". Espoir partagé par le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christian Pierret : i
nterrogé sur Europe 1 peu avant l'annonce du dépôt de bilan, il a appelé à "travailler" à la piste d'un rachat par "un grand groupe européen ou américain d'appareillage électrique", en soulignant que Moulinex-Brandt était "une marque très forte, qui sait innover", dans un secteur électroménager qui ne connaît "pas de crise".Le secrétaire d'Etat à l'Industrie a promis par ailleurs que "l'Etat ne se dérobera pas et soutiendra une véritable stratégie de reconquête" et que "le gouvernement veillera à ce que des solutions individuelles très précises" soient trouvées pour les salariés qui seraient licenciés. Il a indiqué avoir déjà "fait appel" à "des entreprises privées qui embauchent aujourd'hui" pour qu'"au cours des prochains mois elles puissent offrir des postes aux (salariés de) Moulinex lorsque ceux-ci sont mobiles". Il a précisé avoir reçu des réponses positives de trois d'entre elles: le constructeur automobile PSA (Peugeot-Citroën), le groupe informatique américain IBM et la firme d'électroménager Seb.
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