Les billets d'avion coûteront plus cher

Par Gérard RANSAY, le 02 octobre 2001 à 07h00 , mis à jour le 01 octobre 2001 à 20h44

Plusieurs grandes compagnies européennes ont commencé à augmenter le prix de leurs billets en réaction à la hausse de leurs primes d'assurance, et au renforcement de la sécurité lié aux attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.

[Expiré] [Expiré] Alitalia compagnie aviation italienne avion (AFP) © AFP

Parmi les nombreuses répercussions des attentats aux Etats-Unis sur les compagnies aériennes, il y en a une qui sera immédiatement perceptible pour les voyageurs : l'augmentation des prix des billets. Après British Airways, Alitalia, Lufthansa, Iberia et KLM ont décidé de procéder à des hausses de tarifs. Concrètement, à compter de ce lundi, un billet de Lufthansa coûtera 8 dollars (environ 58 francs) de plus pour chaque trajet, celui de KLM 5 dollars (environ 36 francs) supplémentaires. KLM a par ailleurs généralisé ces mesures au fret. Elle fera payer un supplément de 15 centimes d'euros (1 franc environ) par kilogramme sur les cargaisons dès le 15 octobre.

Pour le moment, les tarifs d'Air France n'ont pas subi de hausses liées aux conséquences des attentats. "Il n'y a pas d'augmentation à la date d'aujourd'hui, mais les choses pourraient évoluer", a indiqué une porte-parole de la compagnie. La compagnie nationale s'en tient aux augmentations légales de billets programmées pour le début du programme d'hiver fin octobre.

Pas d'aides publiques aux compagnies aériennes

La hausse des billets équivaut à une participation des passagers ou des clients du fret à la grimpée des coûts accusés par les compagnies aériennes dans le sillage des attentats du 11 septembre, justifient les transporteurs. Selon eux, "Les dépenses dues à la crise, comme par exemple pour les mesures de sécurité, les primes d'assurance, et d'autres coûts fixes ont considérablement augmenté dans tout le secteur". En réaction aux attentats, les assureurs ont en effet abaissé le plafond de couverture des dommages aux tiers liés au risque de guerre à 50 millions de dollars et imposé une surprime d'environ 1,25 dollar par passager, que les compagnies doivent assumer. Première conséquence : les "primes ont été multipliées par huit la semaine dernière, et de nouvelles hausses sont prévisibles.

La situation financière des transporteurs aériens est devenu très difficile. La Commission européenne planche actuellement sur un programme d'aide visant à compenser le coût des surprimes d'assurance, mais veut éviter à tout prix le déclenchement d'une course aux aides d'Etat, qui pourraient déstabiliser le transport aérien européen. A priori, toute aide directe, à l'instar des Etats-Unis qui a débloqué 18 milliards de dollars pour ses transporteurs, est ainsi exclue.

La situation explosive des compagnies aériennes devra être gérée au plus vite pour éviter la disparition pure et simple de nombre d'entre elles, y compris certains des leaders de ce secteur.

Par Gérard RANSAY le 02 octobre 2001 à 07:00
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