© AFPLa Commission européenne a décidé mercredi matin "à l'unanimité" de mettre son veto au projet de fusion entre les sociétés françaises Schneider Electric et Legrand. Les deux groupes ayant déjà procédé à l’offre publique d’échange (le mariage étant consommé donc !), il leur faudra stopper la création de ce qui était en passe de devenir le numéro un mondial de l'appareillage électrique de basse tension et des automatismes industriels.
Selon le commissaire à la concurrence Mario Monti, la "rivalité" entre Schneider et Legrand était jusqu'à présent "le moteur principal de la concurrence" sur leurs marchés, en France mais aussi dans plusieurs autres pays de l'Union européenne. "La fusion aurait fait disparaître un des concurrents les plus importants sur un marché déjà très concentré" et "aurait placé les grossistes dans une position très délicate" pour leur approvisionnement, a ajouté le commissaire. La Commission s’est toutefois déclarée prête à "examiner avec les parties les modalités appropriées pour reconstituer des conditions de concurrence effective".
Bonne volonté mal récompensée ?
Les deux groupes ont aussitôt fait connaître leur désaccord. "Schneider Electric a décidé de préparer tous les recours appropriés pour faire reconnaître tous ses droits auprès du Tribunal de première instance des communautés européennes", ont-ils annoncé. Depuis un premier avis négatif rendu fin septembre par les services techniques de l’Union européenne, le président de Schneider, Henri Lachmann avait tenté d’amadouer les dix-neuf commissaires après une période de fortes tensions. Selon le quotidien Le Monde, le président français Jacques Chirac et le ministre de l'Economie Laurent Fabius seraient eux-mêmes intervenus pour infléchir la position de l’autorité de la concurrence. En vain, manifestement.
Dans leur communiqué, les deux groupes affirment avoir "respecté les différentes étapes de la procédure de la Commission" qui leur avait notifié ses "griefs le 3 août 2001". Pour gagner le feu vert de Bruxelles, les alliés avaient dans un premier temps proposé de vendre des actifs représentant un chiffre d'affaires d'environ 400 millions d'euros et situés principalement en France et en Italie. Ces propositions "avaient reçu le 14 septembre un accord de principe". Schneider Electric, propriétaire de Legrand depuis la clôture d'une offre publique d'échange (OPE) l'été dernier, a par ailleurs souligné qu'il a "préparé, mais n'a en aucune manière engagé, le rapprochement des deux groupes".
(Photo AFP: Henri Lachmann, Pdg de Schneider Electric (gauche) et François Grappotte, Pdg de Legrand (droite))
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