L’Europe ne veut pas augmenter ses dépenses

Par D.S., le 05 octobre 2001 à 11h11 , mis à jour le 05 octobre 2001 à 11h17

Les sept principales puissances industrielles réunies demain à Washington afficheront une unité de façade sur les moyens de prévenir la récession mondiale. Le Vieux continent n’a pas l’intention de suivre les Etats-Unis dans la voie des dépenses. En France, l’Insee revoit pourtant à la baisse ses prévisions de croissance pour 2001.

globe terrestre terre planète sur plateau (AFP) © INTERNE

En plus de la traque de l’argent des terroristes, principal point à l’ordre du jour, les ministres des finances et les banquiers centraux des sept principales puissances industrialisées (G7) vont s'efforcer demain à Washington d'afficher une unité sans faille pour conjurer une éventuelle récession mondiale. Après les attentats et dans l’incertitude d’une riposte, il s’agit avant tout de rassurer les consommateurs et les investisseurs. Pourtant, les sept ne s’accordent pas sur les moyens d’y parvenir.

Dans les jours qui suivirent les attaques, les banques centrales ont réduit de concert leurs taux directeurs et injecté pour la plupart des liquidités sur les marchés. Mais là semble s’arrêter la concertation. Hier, le secrétaire américain au Trésor, Paul O’Neill, a enjoint ses partenaires de se mouiller un peu plus dans le plan anti-récession, rappelant que "l'économie américaine avait porté la plus grande partie du reste du monde depuis un an...".

Le président Bush a proposé des mesures de relance prévoyant des dépenses publiques allant de 60 à 75 milliards de dollars pour l'année fiscale en cours. Ce programme viendra s'ajouter à une enveloppe de 55 milliards déjà débloquée. Mais le Vieux continent n’entend pas céder aux pressions américaines, du moins sur la question des dépenses publiques.

Le chancelier allemand Gerhard Schroeder, soutenu par l’espagnol José Maria Aznar, a ainsi déclaré hier "qu'il n'est pas question de remettre en cause les objectifs du Pacte de stabilité" pour des mesures de soutien à l'économie. Ce pacte limite l'endettement public des pays de la zone euro à 3% du PIB. Outre l'Allemagne, la France et l'Italie sont membres du G7 et astreintes à cet engagement.

En France, le gouvernement estime que la situation ne mérite que des aides sectorielles en concertation avec les partenaires européens mais pas de vaste plan de dépenses. Si la récession n’est pas en vue, l’économie française tourne toutefois au ralenti. Ce matin, l’Institut nationale de la statistique révise une nouvelle fois ses prévisions de croissance 2001 à la baisse passant de 2,2% à 2,1%, contre 2,3% selon Bercy. Et, ce sans tenir compte des répercussions des attentats. Face à l’inertie des investisseurs, tout repose désormais sur la consommation des ménages qui, selon l’Insee, pourrait augmenter de 2,7% cette année grâce aux baisses d’impôts, à une inflation modérée (+1,8%) et à un taux de chômage contenu à 9%.


L’Afrique épargnée

Les conséquences des attentats aux Etats-Unis n'auront pas d'impact majeur sur l'économie de l'Afrique, a prédit un expert de l'Onu qui n'envisage de réviser ses projections de croissance en 2002 (4%) que d'un demi point à la baisse pour le continent. Contredisant les calculs de la Banque mondiale qui estime que la situation des pays les plus pauvres de la planète (dont la majorité sont en Afrique) va s'aggraver considérablement, l’expert onusien estime que leur isolement du reste de l'économie mondiale peut amoindrir le choc dû à la chute annoncée de la croissance dans les pays industrialisés. Les projections de la Banque mondiale pour les pays en développement, avec une croissance moyenne de 2,9% en 2001 et 4,3% en 2002, sont en net recul par rapport aux 5,5% atteints en 2000.
     

Par D.S. le 05 octobre 2001 à 11:11
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