Les Français champions des bébés

Par , le 10 octobre 2001 à 10h09 , mis à jour le 10 octobre 2001 à 10h35

Période d'embellie économique, 35 heures, aide aux femmes : les conditions semblaient réunies pour relancer la natalité. Les Français prennent même la première place européenne, devant l'Irlande.

bébé yeux ecarquillés © Plurielles

On s'alarmait sur le non-renouvellement de la population française et on se réveille avec une surprise : la France devrait passer devant l'Irlande et s'installer au 1er rang de l'Union européenne pour la natalité avec un taux de 1,89 en 2000, contre 1,79 en 1999 et 1,76 en 1998, a déclaré devant la presse France Prioux, auteur d'une étude sur "L'évolution démographique récente de la France" à l'Institut national d'études démographiques (INED). Ces taux indiquent un retour aux niveaux de l'après-baby-boom, à la fin des années 50. Entre 1980 et 1990, on avait assisté à une baisse importante - de 1,95 à 1,78 - avant une chute à 1,66 en 1993 et 1994. Cette tendance avait alors suscité des prévisions catastrophistes, "non confirmées aujourd'hui puisque ce plancher a été suivi d'une hausse modérée mais constante depuis 1995", a souligné François Herrand, directeur de l'INED.

40% de naissances hors mariage

L'âge de la première grossesse est passé de 24 ans à 28 ans en 25 ans entre 1973 et 1998.

Cette particularité française peut en partie s'expliquer par un environnement favorable au travail des femmes mères de famille, sous l'effet conjugué des aides publiques et des structures d'accueil des enfants. Ainsi en Allemagne, où le taux de fécondité n'a été que d'1,36 en 1998 et 1999, les aides existent mais pas les structures d'accueil, note M. Herrand. Il cite aussi le taux très élevé de 40% de naissances hors mariage dans l'Hexagone : une situation beaucoup moins bien acceptée socialement chez nos voisins, puisqu'il n'y en a que 4% en Grèce, 10% en Italie et 14% en Espagne.

"Les naissances sont retardées mais la fécondité est stable", estime Laurent Toulemon, auteur d'une autre étude INED. Si la fécondité ne subit pas de nouvel accident conjoncturel, comme la crise économique de 1993-1994, la descendance des générations nées à la fin des années 60 va se stabiliser légèrement au-dessus de 2 enfants par femme, sachant que l'âge de la première grossesse est passé de 24 ans à 28 ans en 25 ans entre 1973 et 1998. Depuis 1970, avec 750.000 naissances en moyenne par an (744.000 en 1999, 779.000 en 2000), on constate qu'il n'y a pas de diminution de la taille des familles, malgré ces premières naissances plus tardives. Quatre mères sur 5 ont un second enfant, chiffre stable depuis 1960, même si les naissances sont plus espacées (de 4 à 5 ans).

Par Sophie Lutrand le 10 octobre 2001 à 10:09
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience