L'intérim ne sera pas à la fête... jusqu'aux fêtes

Par , le 01 novembre 2001 à 18h42 , mis à jour le 31 octobre 2001 à 18h53

Philippe Zavattiero, le directeur général de la société d’intérim Creyf's France, déplore un mauvais mois de septembre pour le travail intérimaire. Selon lui, le passage à l’euro et les fêtes de fin d’année offrent néanmoins de nouvelles opportunités.

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tf1.fr : En septembre, le nombre d’intérimaires arrivés en fin de mission et s’inscrivant à l’ANPE a crû de 10,2% par rapport au mois précédent. Avez-vous constaté cette tendance morose ?
Philippe Zavattiero :
Au niveau de l’intérim, nous avons constaté un renversement de tendance depuis mars-avril. Septembre, qui correspond à la fin de longues missions et de missions d’été, est un mauvais mois et octobre s’annonce tout aussi mauvais. Il est vrai que 1999 et 2000 avaient été deux années exceptionnelles mais, là, on est clairement en négatif.

tf1.fr : Tous les secteurs habituellement pourvoyeurs d’emplois intérimaire sont-ils touchés de la même manière ?
P.Z. :
Oui, la tendance est la même dans pratiquement tous les domaines, y compris dans le tertiaire qui jusqu’à présent était épargné. Le BTP a l’air de tenir le coup et l’agroalimentaire semble redevenu stable après une période de crise liée à la "vache folle". Mais il est difficile de tirer des conclusions générales. Ainsi, dans l’automobile, nous avons un constructeur qui fonctionne très bien quand un autre n’offre aucun débouché. Autre tendance : les grandes entreprises souffrent plus du ralentissement économique que les PME.

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tf1.fr : En période de gel voire de diminution de l’emploi, que peut offrir une société comme la vôtre ?
P.Z. :
Une période comme celle-ci voit l’afflux d’intérimaires en fin de mission mais aussi de gens peu familiers du l’intérim et qui viennent chercher un emploi de substitution. Notre rôle est de trouver les entreprises qui sont porteuses. Et il y en a encore sans quoi la situation économique en France serait catastrophique. Le passage à l’euro est un formidable aspirateur d’emplois intérimaires, non seulement dans les banques pour les guichets ou le contact avec le client, mais aussi dans les autres secteurs, comme la distribution, qui ont de gros besoins informatiques pour l’occasion. De même, les fêtes de fin d’année sont traditionnellement l’occasion d’une demande d’intérimaires. Les premiers indices ne montrent pas un très gros ralentissement après les attentats du 11 septembre.

tf1.fr : L’Insee vient de modifier son mode de calcul du taux de chômage pour tenir compte du nouveau rôle de l’intérim dans le marché de l’emploi. De conjoncturel, le travail intérimaire deviendrait structurel. Qu’en pensez-vous ?
P.Z. :
C’est une preuve que le travail intérimaire n’est plus vraiment considéré comme un emploi précaire, que nous avons un rôle socio-économique au sein de la nation. Hier, on faisait carrière dans une entreprise, puis on s’est mis à changer trois ou quatre fois de société durant son parcours professionnel. Aujourd’hui, on change plusieurs fois d’entreprises, parfois à une fréquence élevée. Certains même n’hésitent plus à changer de métier. Notre société cherche à accompagner le travailleur pendant toute sa vie : quand il est étudiant pour les jobs, à son entrée sur le marché du travail pour valider sa connaissance et tester l’entreprise, pendant toute sa carrière et, enfin, à l’approche de la retraite, quand malgré l’expérience, il devient difficile de trouver un emploi.

Par David Straus le 01 novembre 2001 à 18:42
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