Moulinex, le talent gâché

Par , le 18 octobre 2001 à 17h04 , mis à jour le 17 octobre 2001 à 17h11

De l’invention du presse-purée mécanique par Jean Mantelet en 1932 au dépôt de bilan en septembre 2001, tf1.fr retrace les grands événements qui firent l’histoire d’un des fleurons français de l’électroménager. Toujours à la pointe en terme d’innovation, le groupe n’a pas su se restructurer à temps.

Moulinex annonce publicitaire © INTERNE

L'histoire en images

1932
presse-purée


1961
robot Marie

1971
cafetière

2000
Midnight Cocktail

 
         

1954
moulin à café

1963
aspirateur

1979
micro-ondes

Nos articles liés

11/10: Seb s'améliore
3/10: une offre mystérieuse
2/10: Qui reprendra Moulinex ?
28/09: Seb est arrivé sans se presser
25/09: Les offres de reprise

Nos vidéos

28/08: le plan de Seb

Moulinex sur le Web


Le site de Moulinex

L'action sur tf1.fr 

    

Bibliographie

Moulinex, 25 ans au service de Jean Mantelet, de Didier Douriez, Cahiers du Temps, 2001, 120 F, 18,29 €

La magie Moulinex, de Tristan Gaston-Breton et Patricia Defever-Kapferer, Le Cherche-Midi, 209 F, 31,86 €
         

 
Voici la carte d’identité d’une idée géniale : ustensile "qui, sous l’action d’une lame hélicoïdale animée par une manivelle, comprime progressivement la matière contre un tamis conique". A la lecture du brevet déposé le 16 février 1931 à 14h50, on a peine à croire que l’invention de Jean Mantelet, étameur et fils d’étameur de Bagnolet, a donné naissance à un fleuron de l’industrie française. Mais qu’on cite le presse-purée (ou carotte ou navet ou n’importe quel légume) et aussitôt jaillit l’étincelle : Moulinex !

Très sobrement nommée "Moulin-Légumes" puis "Légumex" avec "ex" comme "express" avant 1957, la marque doit son succès à la promesse de "libérer les femmes" à en croire les annonces publicitaires, Ses armes ? le moulin à café, les robots Marie, Charlotte et Major, les aspirateurs ou les fours à micro-ondes. Mantelet n’a pas besoin d’ouvrières qualifiées. Il les paie mal et, pourtant, elles le respectent. Pour ces ménagères au boulot, pas de libération mais l’assurance d’un emploi à vie.

En 1985, confrontée à la déferlante des produits asiatiques en particulier coréens, le groupe frôle déjà le dépôt de bilan et ne doit son salut qu’à l’intervention, sur sa cagnotte personnelle, de son fondateur. Mais Jean Mantelet est malade et la mise en place d’un plan de reprise de l’entreprise par ses salariés ne permettra pas d’éviter des conflits de succession après le décès en 1991 du génial inventeur.

Le rachat de l’allemand Krups en 1991 pour 650 millions de francs propulse le groupe français au premier rang européen, devant son concurrent SEB. C’est la dernière victoire. L’entreprise est déjà agonisante. Les exercices dans le rouge s’accumulent. Les élus de Basse-Normandie s’investissement dans la gestion du groupe. Le résultat est catastrophique.

Février 1996 voit l’arrivée de Pierre Blayau, ex-patron de Pinault-Printemps-La Redoute, à la tête de Moulinex. Il est beaucoup trop tard. La perte historique de 700 millions de francs essuyée la même année précipite les choses. Le groupe annonce un plan de redressement sur trois ans. 2600 emplois dont 2100 en France sont menacés de suppression. L’Etat intervient et, finalement, seules 19 personnes doivent quitter l’entreprise.

En juin 1997, Moulinex affiche un timide bénéfice. Quelques semaines plus tard, les usines de Mamers et d’Argentan mettent la clé sous la porte. Un nouveau plan de restructuration est annoncé en 2000. Cette fois 2100 personnes sont dans la ligne de mire. SEB est approché pour une fusion mais c’est le groupe italien El.Fi qui augmente sa participation dans le capital jusqu’à prendre les commandes. La même année, Moulinex s’allie à Brandt pour donner naissance à un leader européen alliant le gros et le petit électroménager. A la tête de ce nouveau géant contrôlé aux trois quart par El.Fi : Patrick Puy. C’est lui qui, le 7 septembre 2001, annoncera le dépôt de bilan aux salariés. A cette époque, le groupe perd 2 millions de francs par jour et cumule 5 milliards de francs de dette.

Par David Straus le 18 octobre 2001 à 17:04
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience