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Le naufrage des chemins de fer britanniques

Edité par
le 07 octobre 2001 à 17h19 , mis à jour le 07 octobre 2001 à 17h20.
Temps de lecture
3min
[Expiré] [Expiré] Grève trains transports sncf quai gare passagers (AFP)

Crédits : AFP

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EconomieLa société Railtrack devrait être placée d’ici peu sous tutelle administrative. Une situation qui marque l’état de délabrement de l’ensemble du système ferroviaire anglais, privatisé depuis les années 90. Le gouvernement envisagerait désormais pour ce secteur un partenariat public-privé.

Pour l’ensemble du système ferroviaire anglais, la décision sonne comme un aveu d’échec. Dimanche, le ministre britannique des Transports Stephen Byers a annoncé qu'il allait demander à la justice de placer la société Railtrack sous tutelle administrative. Une procédure qui signe de fait l’arrêt de mort de la compagnie, puisque celle-ci cessera alors virtuellement d'exister.

Depuis les années 90, la gestion de l’ensemble des chemins de fer anglais – trains, infrastructures et personnels – a été confiée a diverses compagnies privées, après le démantèlement par les conservateurs de l'ancienne British Rail. La société Railtrack, chargée de l'infrastructure ferroviaire, a ainsi été privatisée en 1994. Mais le résultat n’a pas été à la hauteur des espérances : la gestion des chemins de fer s’est dégradée, ainsi que la santé financière de la Railtrack, malgré des prix de billets très élevés. Ce sont d’ailleurs des problèmes financiers qui sont à l’origine de l’annonce du ministre britannique des Transports : la décision de demander à la Haute Cour de Londres de nommer un administrateur indépendant fait suite au refus du gouvernement d'apporter une aide financière à la société, terriblement endettée.

Les défaillance de la Railtrack

Surtout, depuis leur privatisation, les chemins de fer britanniques traînent une réputation déplorable. Retards multiples, défaut de formation des employés et manque récurrent d’entretien du matériel sont régulièrement montrés du doigt. Une situation qui est aussi directement à l’origine de divers accidents, notamment celui de la gare de Paddington, à Londres, qui avait fait 31 morts et 400 blessés en octobre 1999. Le rapport officiel sur l'accident avait par la suite mis en cause de la manière la plus claire les sociétés chargées des trains et de l’entretien du matériel : la compagnie Railtrack s’était vue reprocher sa "paralysie institutionnelle" et son attitude de "laisser-faire" ; quant à la formation des conducteurs dispensée par une autre société, Thames Trains, elle avait été jugée alors par ce même rapport "négligée et plus qu'inadéquate". Un constat d’autant plus douloureux à l’époque, que les lacunes de sécurité avaient déjà été soulignées par deux enquêtes distinctes réalisées à la suite d’autres incidents. La société Railtrack, elle, évoquait déjà ses difficultés financières et réclamait un financement public, estimant à 60 milliards de livres le coût de la remise en état du réseau.

Dans l’immédiat, il n’est semble-t-il pas question de renationaliser complètement la société Railtrack. Le gouvernement britannique envisage plutôt pour ce secteur un partenariat public-privé. Mais les déboires de la Railtrack pourraient bien annoncer d’autres remises en cause douloureuses dans le secteur des chemins de fer britanniques.

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