OGM ou pas, les Français auront le choix

Par , le 04 octobre 2001 à 16h32 , mis à jour le 03 octobre 2001 à 16h50

A l’issue d’une réunion avec les associations de consommateurs, le secrétaire d’Etat à la Consommation a affirmé son souci de donner aux Français la possibilité de choisir entre produits génétiquement modifiés ou non. Ce choix passera essentiellement par un meilleur étiquetage des denrées.

ogm etiquette © INTERNE

Rien de neuf ou, presque, du côté des OGM en France. Mercredi, le secrétaire d'Etat à la Consommation François Patriat a évoqué deux heures durant ce dossier avec les associations de consommateurs. Il s'agissait plus de faire le point que d'annoncer de nouvelles décisions après la publication, la semaine dernière, d'un rapport du commissariat général du plan recommandant une mise en œuvre graduelle des OGM dans l’Hexagone.

Quel choix ?

  Le ministre et les associations de consommateurs promettent la bouche en cœur que les consommateurs (nous!) auront le choix entre l’achat de produits marqués du logo "OGM" ou celui de produits non labellisés, c’est-à-dire ne contenant pas ou infiniment peu d’OGM
  A nous donc de juger s’il est conforme à nos convictions de manger ou non ces produits manipulés. Car il s'agit bien de convictions, religieuses, philosophiques ou gustatives tant il n'existe aucune certitude scientifique en la matière. Comment le citoyen lambda en saurait-il plus sur la nocivité des OGM que des bataillons de blouses blanches? Le choix sera vite fait, ne serait-ce que par précaution, de délaisser les aliments frappés d’anathème. 
  Encore faut-il que le consommateur trouve, dans les rayons, des produits exempts de contamination et, surtout, à prix identique. La perspective d’une France uniquement alimentée en OGM n’inquiètent pas les associations de consommateurs.
  La menace d’un boycott suffira à convaincre producteurs et vendeurs, disent-elles. Certains boycotteront, comme lors de la crise de la vache folle, mais beaucoup, pour des raisons économiques, de mobilité ou d’ignorance simplement, ne changeront pas de crémerie.

Les associations dans leur majorité ne sont pas opposées aux OGM, même si, pour elles, "l’intérêt des OGM est sans doute médical mais certainement pas alimentaire". Les défenseurs des consommateurs réclament une meilleure information des acheteurs qui "ne doivent pas être obligés de manger de tels produits".

Un logo "OGM"

Deux associations plaident en faveur d’un logo unique apposé sur les aliments génétiquement modifiés, voire sur les aliments fabriqués à partir d’OGM même lorsque ceux-ci ne sont pas décelables dans le produit fini. François Patriat a reconnu porter "un regard favorable" sur cette proposition. Actuellement, la mention "OGM" est souvent noyée dans un flot d'indications peu accessibles au commun des mortels. De plus, les traces d'OGM dans les produits n'entraînent aucune obligation d'étiquetage si elles ne dépassent pas 1%. Les associations réclament un plafond de 0,1% au maximum.

A propos des semences, le moratoire est maintenu : on ne cultive pas d’OGM en France, sauf à des fins scientifiques. Le secrétaire d’Etat a révélé que pour la campagne 2000/2001, 112 contrôles de lots de colza, maïs et soja, avaient eu lieu et que 19 d'entre eux avaient révélé la présence de traces d'OGM à hauteur de 0,2%. Pour la campagne précédente, "40 à 50%" des lots contrôlés avaient montré la présence d'OGM, a-t-il dit. Cette année, alors que seules les semailles de colza ont commencé, aucun des 37 contrôles effectués par les autorités ne s’est révélé positif.

OGM importés en toute légalité

En revanche, les importations de produits génétiquement modifiés continuent. "Le gouvernement a accepté ces importations en 1996. Nous ne reviendrons pas sur ce règlement", a précisé le secrétaire d’Etat laissant entendre que ces importations seraient soumises aux mesures européennes en cours d'adoption.

Autre souci : aucune information n’existe sur la composition des aliments pour animaux. Si bien qu’il est impossible pour un éleveur et, a fortiori, pour un consommateur de savoir si un animal a été nourri avec des OGM. Or, depuis la suppression des farines carnées, de nombreux agriculteurs ont opté pour le soja importé et souvent transgénique. Le gouvernement entend convaincre ses partenaires de l’Union de développer les protéines de substitution non OGM produite en Europe. Le salut viendra-t-il de Bruxelles?

Par David Straus le 04 octobre 2001 à 16:32
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