© AFPtf1.fr : Que propose votre collectif ?
Joël Manœuvre, pharmacien à la tête du collectif : Nous proposons un système facultatif de suppression de la marge brute des pharmaciens et leur rattachement aux organismes sociaux (Sécurité sociale). L’Assurance maladie serait chargée de la gestion directe de l’achat des médicaments : prix et volumes.
tf1.fr : Pourquoi proposez-vous spontanément cette réforme ?
J.M. : Pour 2001, 667,8 milliards de francs sont prévus pour le poste maladie de la Sécurité sociale. Environ 100 milliards seront consacrés aux médicaments. L’augmentation prévisible est de 5% par an. Les pharmaciens vont toucher environ 30 milliards de francs de marges. Le coût du circuit n’est pas supportable pour la collectivité. S’ils ne le font pas eux-mêmes, les pharmaciens se verront imposer une réforme sans doute préjudiciable pour la plupart d’entre eux.
tf1.fr : Le citoyen y trouvera-t-il sont compte ?
J.M. : Toute économie au niveau de la Sécu est bonne à prendre. De plus, le système permet de maintenir le maillage des officines sur la France. En déjouant un dérive libérale, on évite la fermeture des petites pharmacies moins concurrentielles et pourtant indispensables. Certains pharmaciens ont intérêt à faire disparaître leurs collègues pour augmenter leur chiffre d’affaires. Mais moins de pharmacies ne signifie pas pour autant moins de dépenses de santé. On peut très bien imaginer que les cotisations de Sécu ou de mutuelles seront moindres pour les clients de ces pharmacies d’Etat.
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J.M. : Les pharmaciens qui l’accepteront deviendront des salariés de l’organisme tutélaire. Il y a un peu plus de 22.000 officines en France. Si toutes adoptaient le nouveau système, nous estimons qu’il faudrait 100 milliards de francs pour les dédommager. Cette somme serait amortie en trois ans grâce aux économies faites par la Sécurité sociale qui ne serait plus tenue de rembourser les 30 milliards de francs de marges annuels.
tf1.fr : Qui vous garantit que les pharmaciens accepteront d’être "fonctionnarisés" ?
J.M. : On va les déconnecter des tracas liés à la vente du médicament. Ils ne seront plus des commerçants mais des dispensateurs de médicaments pour le bien de la communauté. Le pharmacien qui fait 26% de marges bénéficiaires sur ses ventes est appelé à disparaître. Les pharmaciens risquent de devenir des salariés de grands groupes commerciaux comme dans les pays anglo-saxons. Cinq à six mille pharmaciens sont prêts à sauter le pas avec nous.
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