© AFPPatrons et médecins des cliniques sont excédés et ils vont le faire savoir cet après-midi au ministère de l’Emploi et de la Solidarité. Des membres de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) seront reçus alors que plus de 80% des cliniques privées seront en grève pour deux jours, aujourd’hui et demain.
Seules les petites institutions de Paris et de Paca seront moins mobilisées. Le mouvement lancé par la FHP et la Coordinatination nationale des médecins de cliniques (CNMC) "concernera les consultations, les urgences, les admissions et les opérations programmées", mais n'affectera pas les "malades déjà hospitalisés et les dialysés".
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A l’origine de cette grogne, "l’inéquité flagrante dont fait preuve l’Etat entre le traitement réservé au privé et au public", dénonce Alain Coulomb, le délégué général de la FHP. En septembre dernier, alors qu'Elisabeth Guigou annonçait le recrutement de 40.000 infirmières pour l’hôpital public, la FHP avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Les cliniques craignaient de voir leur personnel préférer l’hôpital public où, à compétences égales, les employés sont d’ordinaire mieux payés.
Pour maintenir l’égalité et revaloriser les salaires, la FHP réclamait alors 6 milliards de francs (915 millions d’euros), " une somme proportionnelle à celle de 23 milliards dont a bénéficié le public, en plus de sa dotation habituelle, notamment pour le passage aux 35 heures ", expliquait Alain Coulomb.
Vers une grève au finish ?
Alors que l’Assemblée nationale discute cette semaine du projet de loi de financement de la Sécu, la ministre de l’Emploi et de la Solidarité a répété sa position, affirmant qu’un "effort important" avait déjà été fait par le gouvernement. "Le 4 avril dernier j'ai signé un accord qui vise précisément à augmenter les financements pour les cliniques privées, leur permettre de mieux rémunérer leurs infirmières car il est vrai que la politique salariale menée dans ces établissements depuis de longues années avait conduit à rémunérer les infirmières du secteur privé 30 % de moins que les infirmières de l'hôpital public", a-t-elle rappelé avant d’exhorter les patrons des cliniques à "partager l’effort".
Les parties campent sur leurs positions et semblent prêtes à aller à l’affrontement. Car la grève de ces deux jours est présentée comme "l'ultime sommation" avant une "grève générale reconductible" envisagée à partir du 5 novembre. Cette fois, "il y aura arrêt des admissions et des soins, et les patients devront être transférés à l'hôpital public", a menacé Alain Coulomb, délégué général de la FHP.
Du marketing Les patrons des cliniques "restent privés pour les recettes mais publics pour les dépenses", ironise la CFE-CGC qui s’en prend également aux "gouvernants" qui ne "s'occupent socialement que des salariés du public". Cette grève "est une vaste opération de marketing des lobbies si puissants de nos employeurs rendue nécessaire pour palier la faillite de la politique anti-sociale qu'ils ont menée", affirme le syndicat. "Même si l'Etat débloque le budget nécessaire pour qu'équitablement l'adage à travail égal salaire égal soit enfin respecté, la fin des négociations ne devra en aucun cas faire croire à la fin de la crise que traverse notre secteur", souligne la CFE-CGC. |
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