Qui reprendra Moulinex ?

Par F.L., le 02 octobre 2001 à 07h00 , mis à jour le 01 octobre 2001 à 19h25

Les salariés de Moulinex-Brandt, réunis en Comité central d'entreprise, ont commencé mardi l'examen des offres de reprise du groupe déposées la semaine dernière. Un deuxième CCE devrait avoir lieu la semaine prochaine, pour laisser le temps aux experts d'examiner tous les dossiers.

Moulinex enseigne électroménager © INTERNE

Le Comité central d'entreprise (CCE) de Moulinex-Brandt a examiné mardi pour la première fois les offres de reprise du groupe présentées au tribunal de commerce de Nanterre. Les représentants du personnel et les administrateurs judiciaires chargés du dossier Moulinex-Brandt continuaient en début de soirée à examiner en détail la dizaine d'offres. Le CCE avait débuté vers 09H30 mardi matin.

 


Vers un "désastre industriel" pour la Basse Normandie ?

Les représentants des salariés craignent que l’offre de SEB se traduise pour la Basse Normandie, berceau industriel de l’entreprise depuis 1937, par "un désastre industriel, une vraie casse sociale". Sur six usines Moulinex dans cette région, SEB n'a en effet retenu qu'une reprise partielle à Saint-Lô. Une centaine de salariés d'Alençon, dans l’Orne, devrait aussi aller renforcer les effectifs de Fresnay-sur-Sarthe. "En comptant les entreprises sous-traitantes, on peut multiplier par trois les emplois perdus" dans la région, estime Alain Lermier, délégué syndical CFE-CGC et représentant du CCE auprès des administrateurs.

    

Une deuxième réunion devrait avoir lieu la semaine prochaine, le CCE ayant avancé la date du lundi 8 octobre, ce qui permettrait "de laisser le temps aux experts du CCE, le cabinet Secafi-Alpha, d'examiner toutes les offres", avait annoncé en fin de semaine dernière Alain Lermier (CGC), représentant du Comité auprès des administrateurs judiciaires. Les élus du CCE espéraient en outre convaincre dans la semaine le ministère des Finances de "consentir à une rallonge, ou de faire pression sur les banques du groupe pour qu'elles le fassent, afin de permettre aux sites de production de redémarrer".

Demande d’une "rallonge financière"

Cette demande ne concerne que les sites Moulinex, la question ayant été réglée pour la partie Brandt, en bien meilleure santé financière que Moulinex, qui a trouvé vendredi un accord avec les banques pour financer la poursuite de l'activité. La rallonge financière demandée par les syndicats permettrait de plus de "laisser le temps à l'expertise judiciaire de faire remonter son enquête avant la date de la fusion Moulinex-Brandt, et de savoir ainsi comment le trou de Moulinex a été creusé, et comment l'actionnaire majoritaire du groupe a ponctionné 800 millions dans les finances de Brandt", selon Alain Lermier.

Le jour du dépôt de bilan, la CFDT, seul syndicat à ne pas avoir approuvé la fusion, avait rappelé que le groupe italien El.Fi, actionnaire majoritaire et artisan de la fusion avait prélevé, avant le mariage, un dividende exceptionnel de 120 millions d'euros (environ 800 millions de francs) sur Brandt", alors sa filiale à 100 %.

Mardi après-midi à l'Assemblée nationale, Laurent Fabius a promis pour sa part la mise en place de "mesures spécifiques" pour aider les sous-traitants du groupe d'électroménager. Le ministre de l'Economie et des Finances, qui "souhaite que les jours qui viennent permettent de trouver la meilleure, ou la moins mauvaise, solution possible pour assurer la pérennité industrielle" de la marque Moulinex, a indiqué que le tribunal de commerce de Nanterre "devrait statuer la semaine prochaine" sur les projets de reprise.

Par F.L. le 02 octobre 2001 à 07:00
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