RFI, une voix alternative en Afghanistan

Par , le 12 octobre 2001 à 19h00 , mis à jour le 11 octobre 2001 à 19h38

Radio France Internationale diffuse une heure et demie de programme quotidien en langue persane depuis le 20 septembre. Face à la propagande, RFI revendique un rôle crucial dans l'information des populations locales. Interview de Erlends Calabuig, directeur des rédactions en langues étrangères.

RFI radio © INTERNE

tf1.fr : Quels sont les moyens supplémentaires mis en place par RFI depuis les attentats ?


"L'Iran a condamné
la riposte américaine mais notre rédaction en place
a l'habitude de la langue
de bois officielle et
à y regarder de plus près,
leur condamnation
était plus nuancée
qu'elle n'en avait l'air."

-

Erlends Calabuig : Nous avons renforcé notre diffusion en langues étrangères et notamment en langue persane ( à destination de l'Iran, de l'Afghanistan, du Tadjikistan et de toute la zone d'Asie centrale, ndrl) avec une heure et demi de programmes quotidiens en persan. Nous avions déjà un correspondant sur place et trois envoyés spéciaux l'ont rejoint. Notre filiale RMC-Moyen-Orient écoutée par 15 millions d'auditeurs du Proche-Orient diffuse elle de l'info 24 heures sur 24.

tf1.fr : Depuis le début de la riposte, les informations sont très difficiles à obtenir. Vous revendiquez un rôle crucial dans le traitement du conflit. Quels sont vos atouts ?

Erlends Calabuig : Nous proposons tous les jours une expertise régionale. A chaque fois que quelque chose se passe, au lieu de faire appel à un expert français nous donnons la parole, et non une tribune, à plusieurs experts de la région qui apportent un regard différent. Grâce à nos 300 correspondants à l'étranger nous pouvons décrypter les déclarations et attitudes de certains pays. Par exemple, l'Iran a condamné la riposte américaine mais notre rédaction en place a l'habitude de la langue de bois officielle et à y regarder de plus près, leur condamnation était plus nuancée qu'elle n'en avait l'air.

tf1.fr : Vous parlez de "valeur ajoutée" pour les populations locales et même de la possibilité de sauver des vies humaine.

"Contrairement à d'autres médias nationaux qui sont des organes de propagande,
nous avons
une approche pondérée et modérée,
à l'image
de la France
dans ce conflit."

Erlends Calabuig : Par rapport à la bipolarité de l'information, d'un côté les communiqués de la machine de guerre anglo-saxonne, de l'autre la contre propagande des taliban, le but du jeu est de proposer une information objective et neutre. Nous avons des sources d'informations et des réseaux qu'aucun autre média national ne peut avoir. Contrairement à d'autres médias nationaux qui sont des organes de propagande, nous avons une approche pondérée et modérée, à l'image de la France dans ce conflit. Nous sommes à la fois en contact avec des membres de l'Alliance du Nord, des représentants des taliban, mais aussi du roi Zaher Shah. La crédibilité de RFI, c'est sa pluralité ! Nous avons aussi souvent la possibilité de sauver des vies humaines : grâce aux programmes en langue persane, les personnes déplacées peuvent être informées et peut-être même décider de l'endroit où se mettre en sécurité.

tf1.fr : Est-ce que vous avez des retours d'auditeurs de ces régions-là ?

Erlends Calabuig : Nous avons en effet vérifié qu'ils nous recevaient bien. Nous diffusons sur ondes courtes et c'est très difficile de masquer ce type de fréquence !

Par Sophie Lutrand le 12 octobre 2001 à 19:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience