Seb, ce n'est pas si mal

Par , le 31 octobre 2001 à 15h38 , mis à jour le 30 octobre 2001 à 16h05

Dans son ouvrage «Moulinex, 25 ans au service de Jean Mantelet », Didier Douriez réunit ses souvenirs de cadre au sein du groupe électroménager. Il livre à tf1.fr ses sentiments sur la reprise en cours de la société par son ennemi de toujours, Seb.

Didier Douriez (DR) © INTERNE

tf1.fr : La reprise de Moulinex par Seb vous a-t-elle surpris ?
Didier Douriez :
J’ai été étonné que Seb se porte candidat car, du vivant de Jean Mantelet déjà (ndlr, le fondateur de Moulinex), il avait été question à plusieurs reprises d’un rapprochement entre les deux groupes. Jamais cela n’avait abouti tant il y avait des produits en concurrence. Du moins était-ce la raison officiellement invoquée mais des problèmes de personnes et des problèmes politiques étaient aussi en cause. En revanche, je ne suis pas du tout surpris du choix du tribunal, car Fidei est une société financière spécialisée dans la reprise et non dans l’électroménager.

Un regard critique
mais distant


Dans un court ouvrage bien illustré, Didier Douriez relate quelques souvenirs du cadre qu’il fut pendant trente années au sein de Moulinex. S’il parvient au fil des pages à mettre en évidence les grands principes du système "Mantelet" (le fondateur de l’entreprise), parfois pour les critiquer, l’auteur garde trop de distance face aux événements qui ont secoué cette marque mythique.

"Moulinex, 25 ans au service de Jean Mantelet ", Cahiers du Temps, 124 pages, 120 francs (18,29 €).
        

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tf1.fr : Le fait que le concurrent de toujours, l’ennemi même, s’empare de la société dans laquelle vous avez travaillé un quart de siècle vous blesse-t-il ?
D.D. :
C’est un moindre mal… Sans doute aurait-on pu sauver plus d’usines, plus de personnel. L’usine de Bayeux, qui fabriquait des friteuses, était ultra-moderne et fabriquait des produits performants. C’est un gâchis, une perte ridicule, que de l’avoir sacrifiée au profit de l’usine concurrente de Seb.

tf1.fr : Pensez-vous que Moulinex, marque et usines, a un avenir au sein de son repreneur ?
D.D. :
La reprise n’est que partielle et, même dans les branches récupérées, il est possible que certaines unités passent à la trappe. Pourtant, il y a des produits pour lesquels Moulinex est passé maître et pour lesquels Seb n’a pas le savoir-faire : les hachoirs ou les mixers complètent la gamme du repreneur. De plus, Seb a une organisation qui permet à Moulinex d’exister à côté des autres marques du groupe, Calor, Rowenta ou Tefal, qui chacune ont leur indépendance.

tf1.fr : Cette autonomie existait-elle pour les différentes usines de Moulinex ?
D.D. :
Absolument pas et sans doute est-ce une des causes du déclin de la société. Seb et Moulinex ont été l’une et l’autre des entreprises portées à bout de bras par des hommes, Lescure pour la première et Jean Mantelet, pour la seconde. Pourtant, le fondateur de Moulinex n’est jamais parvenu à décentraliser son pouvoir. Il contrôlait toutes les décisions et redressait la barre quand il le fallait de telle sorte que le personnel ne s’est pas habitué à être autonome. Cela pourrait peser sur l’avenir de Moulinex au sein de Seb. D’autres démons du passé pourraient faire capoter la reprise et notamment les influences des élus locaux et, surtout, de syndicalistes jusqu’au-boutistes.

 

Par David Straus le 31 octobre 2001 à 15:38
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