D'un bout à l'autre de l'Europe, les mauvaises nouvelles se succèdent, et quelle que soit leur taille, toutes les compagnies sont frappées plus ou moins violemment. Ainsi Sabena, une des plus anciennes compagnies aériennes d'Europe, n'a échappé vendredi à la liquidation qu'en obtenant de la justice belge la protection judiciaire.
Un désastre réellement européen
Sabena doit trouver des investisseurs capables de pallier la défaillance de Swissair, son actionnaire à 49,5%, qui a déposé son bilan lundi, à l'issue d'un arrêt brutal et rocambolesque de ses vols. De concert avec l'Etat belge (actionnaire à 50,5%), Swissair aurait dû recapitaliser la Sabena à hauteur de 430 millions d'euros d'ici à 2003. Une première tranche de 125 millions d'euros aurait dû être versée par Swissair cette semaine, mais la compagnie helvétique, en quasi faillite, est elle-même sous perfusion financière du gouvernement suisse, des banques UBS et Crédit suisse. Le montant de ce bouche à bouche financier décidé en catastrophe, est à la hauteur de la mort d'un des fleurons de l'aviation européenne : 900 millions de francs suisses.
Après la Belgique, la Suisse, l'Italie est touchée à son tour, puisque la compagnie Alitalia devra revoir son programme industriel 2002-2006 en y intégrant les effets d'un plan d'urgence, prévoyant la suppression de 2.500 postes sur un total d'environ 24.000, la mise hors service de plusieurs avions et la suspension de 34 destinations déficitaires.
La France aussi est touchée
En France, Aéroports de Paris (ADP), l'établissement public qui gère les aéroports parisiens, a saisi trois avions exploités par Air Lib, une autre ex-filiale de Swissair, pour obtenir le paiement de redevances d'atterrissage, mais a dû y surseoir provisoirement à la demande du ministère français des Transports. Air Lib (ex-AOM Air Liberté), qui a échappé de justesse à la faillite l'été dernier, est en cessation de paiement envers ADP depuis le 15 mai.
Qui aidera les compagnies à survivre
Dans ce contexte de crise, la question des aides publiques allouées aux compagnies aériennes fait débat. Le commissaire européen à la Concurrence Mario Monti a déclaré que "ces aides ne doivent absolument pas servir à couvrir les besoins financiers des compagnies aériennes qui se trouvaient dans une situation critique avant les attentats. "Elles ne sauraient avoir d'autre effet que de retarder leurs restructurations", a-t-il ajouté. La compagnie aérienne irlandaise à bas tarifs Ryanair a déjà déposé plainte à la Commission européenne contre le crédit-relais accordé à la Sabena.
Le sort de dizaines de milliers d'emploi est en jeu, et aux Etats-Unis le gouvernement a choisi une option drastique, celle de débloquer 18 milliards de dollars immédiatement pour sauver le plus d'emplois possible. Les décisions prises par l'Union européenne dans les prochaines semaines influenceront donc, pour le meilleur ou le pire la vie de toutes les grandes compagnies du vieux continent.
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