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Joseph Baixeras est le responsable de la Délégation aux entreprises, un service du CNRS chargé de valoriser les travaux des chercheurs auprès des entreprises. Une quinzaine de personnes travaillent à Paris tandis qu’une centaine d’autres sont réparties dans une vingtaine de délégations régionales.
tf1.fr : Pourquoi le CNRS a-t-il ressenti le besoin de créer une cellule de valorisation ?
J.B. : La plupart des scientifiques veulent affirmer leur utilité sociale. Ils le font en disséminant les connaissances. Ainsi, la climatologie ou l’étude de l’environnement éclairent-elles la société pour faire ses choix. Mais les découvertes scientifiques peuvent aussi contribuer au développement de l’économie.
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J.B. : La valorisation concerne évidemment toutes les sciences dures. La biotechnologie pour ses répercussions sur la médecine, les technologies de l’information et de la communication, la chimie et ses nouveaux matériaux ou la robotiques sont autant d’exemples de découvertes très prisées par les entreprises. Cela ne signifie pas que les sciences humaines n’offrent aucun intérêt économique. Ainsi, certains travaux peuvent servir aux sociétés de conseil ou de consultance. L’astronomie ou la physique nucléaire sont en revanche difficile à valoriser en tant que telles. Mais, ces sciences obligent les chercheurs à développer des instruments de haute précision ou des logiciels très pointus qui, eux, ont des applications économiques.
tf1.fr : Comment créez-vous le pont entre les chercheurs et le monde économique ?
J.B. : Nous pouvons signer des conventions avec les entreprises, comme la Snecma, PSA ou GDF, aux termes desquelles nous organisons des recherches en commun. 2500 de ces conventions sont en vigueur. Mais la valorisation peut aussi passer par la prise de brevets sur nos découvertes. Nous concédons alors des licences aux industriels intéressés. A ce jour, 500 contrats de licences sont en cours qui rapportent 230 millions de francs (35 millions d’euros). Ce n’est pas négligeable même si le budget du CNRS représente plus de 15 milliards de francs (2,3 milliards d’euros). Enfin, la loi sur l’innovation aide les chercheurs qui souhaitent créer leur propre entreprise à partir d’une de leur découverte. Depuis 1999, 70 sociétés ont vu le jour mais il est trop tôt pour quantifier les retombées économiques.
tf1.fr : La rencontre du monde de la recherche et de celui du profit est-elle aisée ?
J.B. : S’ils font généralement preuve de bonne volonté, les scientifiques ne sont pas toujours armés pour affronter le monde économique. J’en donnerai pour exemple la question de la propriété intellectuelle qui requiert une certaine confidentialité. D’ordinaire, les chercheurs aiment à partager une partie de leurs trouvailles avec leurs collègues pour progresser dans leurs propres travaux. Dans le monde industriel, ce n’est pas possible du moins pas sans brevet. Le CNRS sensibilise les chercheurs par des formations. C’est un travail de longue haleine. A l’inverse, sur la question de délais ou des coûts de recherche, les sociétés se doivent d’être plus compréhensives à l’égard des scientifiques. Les entrepreneurs savent que les recherches ne portent pas sur les technologies de demain mais plutôt d’après-demain.
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