© AFPMalgré les attentats et, surtout, la riposte américaine en Afghanistan, les Français n’ont pas tous perdu le goût du voyage. S’ils sont plus frileux sur certaines destinations lointaines, ils n’hésitent pas à s’échapper pour un week-end dans des villes européennes.
"Depuis un mois, les week-ends en France et en Europe se vendent extrêmement bien. Seule Londres dont le gouvernement est clairement engagé aux côtés des Etats-Unis est délaissée par les touristes ", constate Philippe Sangouard. Selon le directeur du groupe Pauli (VisitFrance, VisitEurope et Pauli), ces destinations connaissent une augmentation de 20 à 30%. "Au lendemain des attentats, je craignais une psychose de l’avion", confie-t-il. " Ce n’est pas le cas, les gens ont surtout peur de partir dans les endroits supposés à risque comme le Proche-Orient, le bassin méditerranéen ou les Etats-Unis", poursuit-il. "Nos clients cherchent des destinations proches et desservies régulièrement pour pouvoir revenir rapidement en cas de pépin", conclut-il.
"Juillet-août déjà un peu moins bon"
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Le Club Med compte sur la neige
Chez Frantour, on ne parle pas de reports massifs des Français vers les destinations proches. "Les réservations pour les sports d’hiver débutent maintenant et sont au même niveau qu’en 2000, une bonne année", constate Godelaine Verin, directrice de production de Frantour, Accor Tour et Couleurs locales. "Peut-être y a-t-il quelques reports vers la thalassothérapie", explique-t-elle mais "cette crise provoque les mêmes réactions que pendant la guerre du Golfe : diminution des transports, de la fréquence et de la durée des séjours et, surtout, augmentation des ventes de dernière minute". "La guerre des opérateurs sera plus difficile à mener sur un marché devenu très fragile, susceptible de changer d’un jour à l’autre ", conclut-elle.
Contraint à fermer plusieurs sites à l’étranger boudés par la clientèle, le Club Méditerranée table sur une bonne tenue du tourisme de proximité, notamment dans ses villages de ski. Mais le pdg Philippe Bourguignon reconnaît que " les réservations sur le ski restent un peu inférieures à l’année dernière ". Quoiqu’il en soit, ces reports ne sauveront pas la saison d’hiver. Quand bien même les Français maintiendraient leurs projets de vacances, les opérateurs et plus généralement les professionnels du tourisme pâtiront de la perte de la clientèle américaine et japonaise.
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